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La Colombie lance une nouvelle phase de dialogue avec les FARC

Le président colombien a annoncé lundi de nouveaux pourparlers de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), au lendemain du rejet par référendum de l'entente conclue entre les deux parties.

Lors d'un discours télévisé en soirée, Juan Manuel Santos a déclaré avoir demandé à Humberto de la Calle, le chef négociateur du gouvernement colombien avec les FARC, d'entamer les discussions « qui [leur] permettront d'aborder tous les thèmes nécessaires afin d'aboutir à un accord et au rêve de toute la Colombie d'en finir avec la guerre avec les FARC ».

Le président a aussi convoqué tous les partis politiques au palais Casa de Nariño pour ouvrir des espaces de dialogue et tenter de trouver des solutions à ce conflit qui dure depuis 52 ans.

Plus tôt, Humberto de la Calle avait proposé sa démission, estimant qu'il était responsable de l'échec du référendum. « Les erreurs que nous avons pu commettre sont de ma responsabilité exclusive », a-t-il déclaré depuis le palais présidentiel.

L'avocat, qui durant quatre ans a mené à La Havane les négociations pour le gouvernement afin d'en arriver à un accord de paix, a exprimé son soutien total au président.

Le chef suprême des FARC, Rodrigo Londoño, s'est enfin dit prêt à rectifier l'entente pour qu'elle soit acceptée par les Colombiens. Il a annoncé que la guérilla maintenait le cessez-le-feu définitif malgré l'échec du référendum sur l'accord de paix.

L'accord prévoyait la démobilisation des FARC et leur transformation en parti politique. En retour, les rebelles acceptaient de déposer les armes.

L'accord prévoyait également que les FARC pourraient présenter un candidat aux élections présidentielles et législatives de 2018, et qu'elles seraient assurées de disposer de 10 sièges de parlementaires non élus.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé de son côté qu'il avait décidé d'envoyer en urgence à La Havane un émissaire spécial, le Français Jean Arnault, après l'échec du camp du oui au référendum.

La plupart des sondages prédisaient une victoire du oui pour l'entrée en vigueur de l'accord de paix historique ratifié le 26 septembre dernier. Le non a récolté 50,21 % des voix contre 49,78 % pour le camp du oui. Le scrutin a été marqué par un taux d'abstention de 62 %.

Les opposants à l'accord jugeaient le texte trop favorable aux rebelles. L'ex-président Alvaro Uribe, féroce opposant au processus de paix, avait mené la campagne pour le non.

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