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La Constituante inaugurée au Venezuela malgré les contestations

L'Assemblée constituante a été inaugurée vendredi, au Venezuela, en dépit de son impopularité auprès d'une partie de la population et des critiques dont elle fait l'objet à l'international.

La séance inaugurale, qui avait été reportée, s’est déroulée en présence des 545 membres élus dimanche dernier, lors d’un scrutin fortement contesté par l’opposition au cours duquel 10 personnes ont perdu la vie.

Selon l'entreprise britannique SmartMatic, qui était responsable des opérations lors du vote, le gouvernement a « manipulé » l'élection et a évalué à la hausse le nombre de participants. Selon les autorités vénézuéliennes, 8 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes, tandis que l'opposition fait plutôt état de 2 à 3 millions de personnes. Lors de la prestation de serment, à Caracas, le président Nicolas Maduro a brillé par son absence, lui qui a pourtant porté ce projet contre vents et marées, promettant « la paix et le redressement économique » au pays.

« À tous les fascistes violents, à ceux qui mènent une guerre économique contre le peuple, [...] il est temps pour vous de faire face à la justice », a déclaré l’ancienne chef de la diplomatie vénézuélienne et protégée de Maduro, Delcy Rodriguez, qui hérite du poste de présidente de la Constituante.

Les constituants, qui comptent dans leurs rangs l’épouse et le fils du président Maduro, se voient ainsi accorder des pouvoirs illimités sur une période indéfinie. La majeure partie d’entre eux sont issus du camp présidentiel, l’opposition ayant boycotté le scrutin.

L'opposition dénonce depuis des mois la création de cette assemblée qui se retrouve investie de tous les pouvoirs et au-dessus de quiconque, y compris du président vénézuélien. En plus de réécrire la Constitution du Venezuela, qui est en vigueur depuis 1999, elle pourra dissoudre des institutions, comme l’Assemblée nationale, contrôlée par l’opposition après 17 ans de domination chaviste.

Des cibles déjà établiesSelon le vice-président du Parti socialiste, Diosdado Cabello, qui a abandonné son siège au Parlement pour pouvoir siéger à la Constituante, la nouvelle assemblée aura dans sa ligne de mire l’Assemblée nationale et la procureure générale, Luisa Ortega.Autrefois proche de l’ancien président Hugo Chavez, Mme Ortega ne fait pas partie des fidèles alliés de son successeur, Nicolas Maduro.La procureure générale a tenté jeudi de faire passer une ordonnance afin d’empêcher l’inauguration de l’Assemblée constituante, après avoir annoncé l’ouverture d’une enquête sur les soupçons de fraude qui planent au-dessus de la dernière élection.

Rejetée de toutes parts

Pas moins de 72 % des Vénézuéliens se disent opposés au projet de Constituante, selon l’institut de sondages Datanalisis.Les opposants de Maduro y voient une tentative de prolonger son mandat, qui doit prendre fin en 2019, et d’élargir son emprise sur le pays en accordant plus de pouvoirs au Parti socialiste.

L’opposition prévoit réunir ses troupes pour manifester dans les rues de Caracas et marcher jusqu’au Parlement.

Le maire de la ville Antonio Ledezma, l’une des voix dissidentes à la Constituante, a par ailleurs été relâché en début de journée pour être placé en résidence surveillée, après avoir passé trois jours en prison, a indiqué son épouse.Leopoldo Lopez, figure de proue de l’opposition, avait été arrêté en même temps que M. Ledezma. Il demeure toutefois détenu et figure parmi les quelque 600 prisonniers politiques que dénonce l’opposition.

Près de 40 États à travers le monde ont condamné le projet de Constituante, certains allant jusqu'à qualifier le président Maduro de « dictateur ». Le pays fait l'objet de sanctions financières de la part de Washington.

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Marché commun du sud (MERCOSUR) doivent se réunir samedi à Sao Paulo, au Brésil, afin de déterminer s’ils suspendent leurs relations avec le Venezuela. Selon une source diplomatique brésilienne, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et le Brésil devraient s’entendre pour expulser le pays du marché commun, pour « rupture de l’ordre démocratique ».

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