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La Cour suprême espagnole décidera lundi si elle libère les séparatistes catalans

La cour suprème espagnole décidera finalement lundi si elle libère ou non huit anciens ministres et deux leaders indépendantistes catalans en attendant leur procès pour sédition et rébellion.

Selon l’Agence France-Presse, qui cite des sources judiciaires, le juge qui instruit la cause a expliqué aux avocats des accusés, qui ont déposé une requête de libération provisoire, qu'il rendrait sa décision lundi.

Les huit ex-ministres catalans ont été incarcérés par la justice espagnole pour avoir permis le vote d'une déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne le 27 octobre dernier. Les ex-membres du cabinet catalan étaient accompagnés au tribunal de deux autres leaders indépendantistes mis en prison quelques semaines avant eux par la justice espagnole.

Les ex-parlementaires catalans sont accusés de sédition et de rébellion, ce qui pourrait leur valoir de 15 à 30 ans de prison chacun.

Par ailleurs, la décision de la Cour suprême surviendra tout juste avant le déclenchement officiel de la campagne électorale en vue des élections régionales anticipées du 21 décembre prochain en Catalogne.

Ces élections ont été décrétées par Madrid à la fin octobre à la suite de la mise sous tutelle de la Catalogne et de la destitution de tous les dirigeants élus du gouvernement catalan.

Accepter l'article 155 pour être libérés

Les détenus assurent, dans leur demande, renoncer à l’indépendance et accepter l’application de l’article 155 de la Constitution espagnole, promulgué le 27 octobre par Madrid.

C'est une stratégie qu'a employée plus tôt ce mois-ci l'ex-présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, et cinq députés, remis en liberté par la Cour suprême, qui a été plus clémente que le tribunal d’Audience national, celui qui avait écroué les ministres.

L’article 155 permet au gouvernement central de prendre le contrôle d’une région de l’Espagne lorsque l’unité nationale est compromise. En la mettant à exécution pour la première fois de son histoire depuis le retour de la démocratie, le président Mariano Rajoy avait destitué le gouvernement régional dirigé par Carles Puigdemont et convoqué des élections pour le 21 décembre.

Campagne électorale marquée par le thème de la détention

Dans les rues de Barcelone et ailleurs en Catalogne, la question de l’emprisonnement des leaders indépendantiste dicte le rythme dans la campagne électorale imposée par Madrid.

Les militants indépendantistes, qui qualifient de « prisonniers politiques » les détenus, multiplient les manifestations et arborent un ruban jaune en leur honneur.

Depuis Bruxelles, où il s’est réfugié avec quatre de ses collègues, l’ex-président Carles Puigdemont qualifie d’« indigne et d’indécente » l’incarcération de ses anciens collègues.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, Carles Puigdemont et ses quatre ministres en exil attendent de connaître leur sort, puisque la justice belge examine la requête.

Cela ne l’empêche pas d’être candidat à sa succession, tout comme son ancien vice-président Oriol Junqueras, qui est emprisonné. La plupart des anciens membres du gouvernement sont aussi candidats. Les prisonniers, s’ils sont libérés, pourraient ainsi faire campagne.

Leur sortie de prison marquerait un tournant dans le déroulement de la campagne, puisque leur sort monopolise les discours des sécessionnistes qui espèrent former un nouveau gouvernement.

« La répression de l'État est à l'heure actuelle l'élément mobilisateur de l'indépendantisme », affirme le politologue catalan Oriol Bartomeus.

« Dès lors qu'ils n'auront plus de prisonniers politiques, ils devront réorienter leur campagne », ajoute-t-il.

Unis aux dernières élections de septembre 2015, les indépendantistes ont cette fois décidé de faire campagne à part, séparés entre le parti PDeCAT, plus conservateur, de Carles Puigdemont, et la Gauche républicaine de Catalogne d’Oriol Junqueras.

« On oblige les indépendantistes à choisir entre le vice-président martyr de la prison ou le président en exil », résume le politologue Gabriel Colomé.

Les sondages prédisent un équilibre des voix entre indépendantistes et non-indépendantistes, ce qui compliquerait la formation d'un gouvernement.

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