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La crise grecque, la perte de dignité de tout un peuple

Les Grecs ne vivent plus, ils survivent. Depuis huit ans, les mesures d'austérité ne cessent de s'abattre sur eux. Le pays, surendetté, doit se plier à l'amère médecine des financiers et des politiques européennes. Plus de 30 % de la population vit maintenant sous le seuil de la pauvreté.

Un texte de Ginette Lamarche, à Désautels le dimanche

Les gouvernements successifs ont dû couper dans les retraites, la santé, l’éducation, les services sociaux. Quant aux salaires des fonctionnaires, ils ont été réduits de moitié.

Les soupes populaires font maintenant partie du quotidien de nombreux Grecs. Dimitri est un habitué de ces repas communautaires, lui qui vivote entre des petits boulots et le chômage.

Devant cette interminable crise, les Grecs ont retroussé leurs manches et créent un vaste réseau de solidarité partout en Grèce. Dimitri Pagnatopoulos est directeur d’école. Lui et ses collègues sont venus en aide à des enfants qui arrivaient à l’école le ventre vide, des enfants qui pleuraient parce qu’ils avaient froid, parce que chez eux on avait coupé l’électricité.

Vivre à Elefsina

La ville d’Elefsina, à l’ouest d’Athènes, est le cœur industriel de la Grèce. Avant la crise, cette ville produisait à elle seule 35 % du produit intérieur brut de tout le pays. Elefsina n’a toutefois pas été épargnée. Le chômage touche aujourd’hui le tiers de la population.

Le chantier naval d’Elefsina n’a pas fermé ses portes grâce à la persévérance et à la ténacité des travailleurs. Ils ont continué à se rendre au travail même s’ils n’étaient pas payés, même s’ils n’avaient pas de travail.

Téles et Irakes nous racontent que les travailleurs n’avaient plus de revenus pendant une dizaine de mois. Ils n’arrivaient plus à nourrir leurs familles et à payer leurs factures. Le chantier naval était abandonné à lui-même. Le syndicat a décidé de gérer l’entreprise. Ils ont réussi à avoir un contrat avec la marine nationale pour se maintenir à flot.

Ces travailleurs espèrent maintenant qu’un repreneur, voire une entreprise étrangère, puisse relancer ce pilier de l’économie régionale.

Pas d’améliorations prévues

Il n’y a pas d’embellie en vue, affirme le sociologue Ilias Nocolacopoulos. Selon lui, la Grèce a sans doute atteint le fond du baril, mais la croissance n'est toujours pas au rendez-vous.

Le parti au pouvoir, Syriza, qui incarne la nouvelle gauche européenne, n’a pas comme promis tenu tête aux créanciers européens. Selon Ilias Nocolacopoulos, le premier ministre, Alexis Tsipras, a eu le dos collé au mur.

M. Nocolacopoulos a bon espoir qu’une entente sur une diminution de la dette grecque sera conclue l’an prochain.

De son côté, Sia Anagnostopoulou, une députée du parti Syriza, reconnaît que son parti n’a pas eu le choix. Il a dû lui aussi sabrer les dépenses.

Elle affirme toutefois que Syriza est venu en aide aux plus démunis, en mettant en place un filet social pour que les plus pauvres aient accès aux soins de santé, à des denrées alimentaires et à de l’électricité à prix abordables.

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