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La crise politique en Roumanie ne cesse de s'envenimer

La crise politique qui ébranle la Roumanie s'est envenimée encore davantage vendredi, avec la défection de deux des principaux alliés du gouvernement.

Le protecteur du citoyen Victor Ciorbea, qui appuyait précédemment l'ordonnance d'urgence adoptée tôt mercredi pour dépénaliser les cas d'inconduite officielle dont les dommages sont évalués à moins de 47 800 $ US, estime maintenant que cette mesure est anticonstitutionnelle.

Il aurait l'intention d'informer la Cour constitutionnelle que le décret « n'est pas justifié » et qu'il risque de « placer pratiquement tous les fonctionnaires hors de la portée du droit criminel ».

Un parti politique qui appuyait le gouvernement a aussi changé de camp vendredi, en déclarant que la loi devrait être modifiée non pas avec un décret, mais avec un débat parlementaire.

Pour sa part, la puissante Église catholique a appelé vendredi à poursuivre la lutte contre la corruption et a déclaré que les coupables devraient être punis.

Dures critiques internationales

Le ministre de la Justice Florin Iordache avait précédemment réitéré son appui envers la mesure, en dépit de plusieurs journées de manifestations massives et des critiques virulentes qu'il essuie aussi bien en Roumanie que sur la scène internationale.

Le Canada, les États-Unis, l'Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas et la France ont ainsi déclaré par voie de communiqué, plus tôt cette semaine, que le gouvernement roumain mine « les progrès réalisés depuis 10 ans concernant la primauté du droit et la lutte à la corruption ».

La mesure a donné naissance à certaines des plus importantes manifestations populaires depuis la chute du communisme en 1989.

La Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la légalité du décret mardi prochain.

S'exprimant lors d'un sommet de l'Union européenne à Malte vendredi, le président roumain, Klaus Iohannis, a déclaré qu'il s'agit d'une situation « très complexe ».

Le vice-président de la Commission européenne, Frank Timmermans, a prévenu jeudi que l'adoption du décret pourrait avoir des conséquences sur le financement que la Roumanie reçoit de l'Union européenne.

Les détracteurs de la mesure prétendent qu'elle profitera aux alliés du gouvernement et aux autres dirigeants qui sont accusés de corruption, en plus d'encourager des fonctionnaires à profiter de leurs postes pour s'enrichir. Environ le tiers des poursuites pour corruption ciblent des crimes commis par les gens au pouvoir.

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