La Croatie est prise d'assaut par des milliers de migrants qui tentent par tous les moyens de rejoindre le territoire de l'Union européenne, après que les forces de l'ordre hongroises aient utilisé la force pour les empêcher d'entrer sur leur territoire.

Au total, près de 9000 migrants étaient entrés jeudi sur le sol croate. En réaction, la police a annoncé en soirée qu'elle interdisait désormais toute circulation sur les routes menant à sept postes-frontières avec la Serbie.

Cette interdiction de circuler concerne notamment le poste-frontière de Tovarnik, près de l'endroit où la majeure partie des migrants sont entrés en Croatie au cours des
dernières 48 heures.

Dans la journée de jeudi, le ministre de l'Intérieur croate, Ranko Ostojic, a déclaré que son pays fermerait ses frontières avec la Serbie si l'afflux de migrants atteignait de nouveau la barre des 8000 en l'espace d'une journée. La Croatie, a-t-il expliqué, n'a pas la capacité nécessaire pour recevoir de nouveaux migrants.

Après avoir traversé la Serbie en autocars, les réfugiés entraient en Croatie à pied, où des policiers les dirigeaient vers des trains et autocars à destination de camps à Zagreb et ailleurs.

Des migrants qui ont commencé à marcher le long de la voie ferrée ont été refoulés par la police, qui a promis l'arrivée prochaine d'un train. Une importante bousculade a toutefois éclaté quand des autocars sont arrivés. Les policiers ont été incapables de contrôler la foule et des dizaines de personnes semblent avoir été blessées.

Des centaines d'autres migrants sont entrés en Croatie depuis la Serbie en traversant un pont qui enjambe le Danube dans la ville de Batina, dans le nord du pays. Les autorités ont semblé prises de court par leur arrivée. Des femmes se sont évanouies, des enfants pleuraient et des familles ont été séparées quand les policiers ont tenté de rétablir l'ordre. Plusieurs ambulances ont dû intervenir.

Les autorités ont demandé aux migrants d'éviter les secteurs où on retrouve encore des mines antipersonnel depuis la fin de la guerre de 1991-1995.

Les réfugiés qui fuient les violences en Syrie et ailleurs n'ont d'autre choix que de traverser la Croatie, depuis que la Hongrie a scellé sa frontière et commencé à arrêter ceux qui pénètrent illégalement sur son territoire. Les migrants ne seront toutefois que de passage, puisque la majorité d'entre eux prévoient traverser ensuite la Slovénie pour rejoindre l'Autriche et enfin l'Allemagne ou les pays scandinaves.

La ministre croate des Affaires étrangères, Vesna Pusic, a dit que son pays ne peut pas forcer qui que ce soit à rester.

La Slovénie et l'Autriche ont toutefois renforcé les contrôles le long de leurs frontières en prévision de la marée humaine qui se dessine, et la Hongrie a prévenu qu'elle pourrait ériger une autre clôture le long de ses frontières avec la Croatie et la Roumanie. La Roumanie a rapidement dénoncé ce projet de clôture de 70 kilomètres, en affirmant qu'il contreviendrait aux normes européennes.

La réaction hongroise a aussi été vertement critiquée par Zeid Raad Al-Hussein, le haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme. Il s'est déclaré « dégoûté » par les actions des autorités hongroises.

Le chancelier allemand Werner Faymann s'est rendu jeudi à Zagreb, en Croatie, et à Ljubljana, en Slovénie.

En France, les autorités parisiennes ont évacué environ 500 migrants, des Syriens et autres, des tentes qu'ils occupaient, vers des abris plus permanents. L'opération s'est déroulée dans le calme, jeudi matin.

Les leaders européens se rencontreront d'urgence, mercredi prochain à Bruxelles, pour discuter de la pire crise de migrants à toucher le continent depuis plusieurs décennies. La rencontre du 23 septembre a été annoncée sur Twitter par le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Les ministres européens de l'Intérieur se réuniront la veille pour tenter de finalement s'entendre sur la répartition de 120 000 réfugiés, en dépit de l'opposition musclée de plusieurs États d'Europe de l'Est.

La Roumanie a toutefois entrouvert timidement la porte à l'accueil d'un plus grand nombre de migrants. Bucarest a déjà accepté d'accueillir 1785 personnes, mais refuse d'en recevoir 6351 comme le lui demande la Commission européenne.

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