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La difficile réinstallation de résidents d'Alep-Est dans les quartiers pro-Assad

Pendant que les rebelles syriens tentent vendredi de résister à de nouvelles attaques des forces pro-Assad dans un quartier sud d'Alep-Est, des résidents des quartiers nord-est, chassés de chez eux ces derniers jours par l'offensive gouvernementale, vivent difficilement leur réinstallation dans les quartiers détenus par le gouvernement.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, 31 500 personnes ont fui ces quartiers, tombés au cours des derniers jours après une résistance de plus de quatre ans; 18 000 d’entre eux ont trouvé refuge dans un quartier sous contrôle gouvernemental, 8500 sont allés dans un quartier kurde et 5000 autres sont partis au sud, dans d’autres quartiers rebelles.

À Jibreen, 8000 déplacés sont hébergés dans des conditions précaires dans un centre communautaire et 3000 autres dans une ancienne manufacture de coton. Selon l’agence onusienne, 70 % d’entre eux sont des femmes ou des filles et de 50 % à 60 % d’entre eux sont des enfants. Les 7000 autres déplacés auraient été accueillis par des membres de leur famille.

Selon l’ONU, des déplacés ont été la cible de tirs en se dirigeant vers Alep-Ouest; certains ont été tués, d’autres blessés. Selon des sources locales, 45 personnes ont notamment été tuées par un bombardement alors qu’ils tentaient d’atteindre le quartier d’Al-Sha’ar, sous contrôle gouvernemental. Une frappe aérienne aurait aussi coûté la vie à 25 personnes à Bab al-Nayrab.

Les personnes qui ont trouvé refuge dans les dernières enclaves rebelles d’Alep-Est sont cependant celles qui vivent toujours dans les conditions les plus difficiles, l’ONU étant incapable de leur offrir quoi que ce soit, en raison du siège imposé par l’armée gouvernementale et les milices chiites qui combattent à ses côtés. La famine guette la population.

L’ONU souligne en outre que les soins médicaux sont maintenant pratiquement inexistants dans Alep-Est. Seules quelques cliniques ayant une capacité « absolument minimale » offrent toujours des services, ainsi qu’un hôpital ayant des moyens « très limités » de traiter les traumatismes, pourtant nombreux. Selon des partenaires de l’Organisation mondiale de la santé, 400 personnes ont besoin d’une aide médicale d’urgence à Alep-Est.

Des sources à Alep-Est indiquent qu’en raison de réserves d’essence très basses, certains blessés sont conduits à l’hôpital dans des charrettes à légumes.

Extrait d'un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU

L’offensive gouvernementale lancée sur les quartiers nord d’Alep-Est le 15 novembre, une semaine après l’élection de Donald Trump lors de la présidentielle américaine, leur a permis de reprendre environ 40 % du territoire que contrôlaient les rebelles.

Des combats acharnés, des négociations enlisées

Sur le terrain, les rebelles défendent avec acharnement vendredi le quartier de Cheick Saïd, dans le sud d'Alep-Est, après de violents combats nocturnes avec l'armée de Bachar Al-Assad.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les rebelles ont réussi à repousser les forces pro-Assad, après avoir été initialement submergés par leur puissance de feu. L’organisme, basé à Londres, soutient que les rebelles ont réussi à reprendre 70 % de ce quartier, eux qui n’en contrôlaient plus que 30 % il y a quelques jours.

Depuis le 15 novembre, plus de 300 civils, dont des dizaines d'enfants, ont été tués à Alep-Est. Près d'une cinquantaine sont morts à Alep-Ouest par des tirs rebelles.

En reprenant la totalité d'Alep, autrefois le poumon économique de la Syrie, le régime du président Bachar Al-Assad remporterait sa plus importante victoire depuis le début de la guerre et renforcerait ses alliés, soit la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais. Elle lui permettrait également de se lancer dans la conquête du reste des régions aux mains des rebelles qui se réduisent comme peau de chagrin.

Depuis deux semaines, les rebelles discutent avec des responsables russes dans le but d’obtenir de l’aide humanitaire et une levée du siège d’Alep-Est. Ces négociations, menées en Turquie, n’ont cependant abouti sur rien de concret.

« C’est fait absolument sans sérieux », a déclaré vendredi à Reuters un responsable rebelle au courant de ces négociations. « Si l’Union européenne et les États-Unis n’interviennent pas, nous ferons face à une véritable tragédie, si les choses se déroulent au même rythme. »

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