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La femme de Liu Xiaobo serait libre, selon Pékin

Le dissident et lauréat du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, décédé jeudi d'un cancer du foie, a été incinéré samedi et sa femme, en résidence surveillée depuis 2010, est désormais libre, rapporte un journal officiel.

Liu Xiaobo s'est éteint dans l'hôpital de Shenyang où il avait été transféré le mois dernier depuis la prison où il purgeait une peine de onze ans de détention pour « incitation à la subversion de l'État ».

Un responsable de la communication de la municipalité de Shenyang a déclaré que le corps de l'opposant avait été incinéré samedi conformément aux voeux de sa famille et aux coutumes locales.

Son épouse, Liu Xia, a assisté à la cérémonie et s'est vue remettre ses cendres, a-t-il ajouté pendant une conférence de presse.

Le frère de Liu Xiaobo a indiqué en conférence de presse que ses cendres ont été dispersées en mer.

Le responsable a ajouté qu'à sa connaissance, « Liu Xia est libre », mais il n'a pas dit où elle se trouve.

La veuve de Liu Xiaobo a passé les deux dernières semaines de sa vie à ses côtés à l'hôpital de Shenyang, après n'avoir été autorisée à lui rendre visite en prison qu'une fois par mois les années précédentes.

Certains dissidents pensent qu'elle a été retenue contre son gré à l'hôpital alors que les pressions des groupes de défense des droits de l'homme et de certains gouvernements occidentaux s'accentuaient pour tenter d'obtenir le transfert de Liu Xiaobo à l'étranger pour y recevoir des soins plus adaptés. Pékin a catégoriquement refusé en affirmant que le dissident était intransportable.

Avant comme depuis sa mort, la presse officielle chinoise a multiplié les attaques contre Liu Xiaobo, qu'elle accuse d'avoir voulu renverser le régime communiste pour le remplacer par un système occidental.

« Il était paranoïaque, naïf et arrogant », écrivait samedi le Global Times, un quotidien officiel anglophone. « Il avait rompu avec la société chinoise et était ainsi devenu un homme du passé, un agitateur politique et un opposant [...] C'est pour cela que la société chinoise le méprisait. »

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