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La France déterminée à commercer avec l’Iran malgré Washington

Alors que Téhéran presse le constructeur européen Airbus d'honorer ses ventes d'avions à IranAir, Paris dénonce les pressions de Washington sur les entreprises européennes qui désirent continuer de commercer avec l'Iran en dépit de la sortie des Américains de l'accord sur le nucléaire iranien.

Selon le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, son gouvernement n’entend pas abdiquer devant les menaces de Washington contre les pays et entreprises, notamment françaises, qui ignoreront les nouvelles sanctions économiques que les États-Unis comptent instaurer à l’encontre du régime iranien.

Mardi, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé que son pays se retirait de l’accord international sur le nucléaire iranien qui prévoit une levée graduelle des sanctions économiques contre l’Iran en échange de l’abandon du volet militaire de son programme nucléaire.

Estimant que l’Iran poursuit ses travaux en vue de développer des armes atomiques en dépit des inspections internationales, Washington a décidé de rétablir des sanctions contre le secteur pétrolier iranien, les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce des métaux et les transactions en dollars avec la banque centrale iranienne.

Le président Trump a aussi ajouté que « tout autre pays qui aide l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être ciblé par des sanctions américaines ».

Exemptions et dérogations

Or, depuis la signature de l’accord sur le nucléaire, de nombreuses compagnies européennes et américaines ont signé pour des milliards de dollars de contrats avec l’Iran, notamment Boeing et Airbus, pour la vente de dizaines d’avions à Iran Air.

En entrevue sur les ondes de la radio Europe 1, Bruno Le Maire a expliqué qu’il travaille pour obtenir du secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, des exemptions temporaires ou permanentes ou des dérogations pour les entreprises françaises, citant le constructeur automobile PSA, le géant pharmaceutique Sanofi, le groupe alimentaire Danone, Renault et la pétrolière Total qui font tous des affaires avec l’Iran.

Sur un plan plus global, le gouvernement français entend également insister pour que l’Union européenne prenne des mesures pour améliorer la « souveraineté économique » de l’Europe face aux pressions étrangères.

Plus direct, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré au journal Le Parisien : « Nous disons aux Américains que les sanctions qu’ils imposent, ça les regarde. Mais nous considérons l'extraterritorialité de ces mesures inacceptables. […] Les Européens ne devraient pas avoir à payer pour le retrait des États-Unis d'un accord. »

Téhéran demande à Airbus de préciser ses intentions

Pendant ce temps, à Téhéran, le régime iranien a demandé au constructeur aérien européen Airbus de préciser ses intentions quant à l’avenir du contrat d’achat par IranAir d’une centaine d’avions de ligne Airbus pour une valeur estimée à 20,8 milliards de dollars, a rapporté vendredi l'agence de presse Fars.

Selon le vice-ministre iranien des Transports, Asghar Fakhrieh Kashan, cité par Fars, Airbus annoncera sa décision dans les prochains jours, précisant qu'aucun acompte n'a été versé à Airbus pas plus qu'à l'américain Boeing, qui a conclu des ventes d’avions de 17 milliards de dollars avec l’Iran.

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