Retour

La France ouvrira des centres de réinsertion pour « personnes radicalisées »

Treize centres de réinsertion pour « personnes radicalisées » ou susceptibles de basculer dans le djihadisme verront le jour en France d'ici la fin de 2017, a annoncé lundi le premier ministre Manuel Valls.

Cette décision, annoncée six mois après les attentats de Paris, s'inscrit dans le cadre d'un plan de lutte contre le terrorisme comprenant cinquante nouvelles mesures et doté d'une enveloppe de 40 millions d'euros (60 millions de dollars) d'ici 2018.

Le plan annoncé lundi vise à doubler les capacités de prise en charge des jeunes soupçonnés de sympathies djihadistes. Actuellement, 1600 jeunes font l'objet d'un « accompagnement », selon l'exécutif français, et l'objectif est d'atteindre 3600 personnes dans deux ans.

Selon le gouvernement, près de 9300 personnes sont cependant recensées pour « radicalisation violente », dont 30 % de femmes et 20 % de mineurs. En prison, le gouvernement estime que 1500 des 66 000 détenus sont « radicalisés ».

Chacune des 13 régions françaises aura son centre de déradicalisation, doté d'une trentaine de personnes. Chacun d'entre eux doit accueillir une trentaine de candidats âgés de 30 ans ou moins.

Deux catégories de centres

Certains centres accueilleront des « volontaires » en rupture avec la République, tandis que d'autres recevront des jeunes qui ont eu des démêlés avec la justice ou des repentis, de retour de Syrie, par exemple.

Le premier centre, qui ouvrira cet été, sera de la première catégorie, a indiqué Manuel Valls. Il accueillera « des repentis dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée », a précisé le premier ministre.

Un premier centre de la seconde catégorie ouvrira ensuite d'ici la fin de l'année. Selon M. Valls, il accueillera, « à la demande de l'autorité judiciaire », des personnes « qui ne peuvent pas être placées en détention », mais sous contrôle judiciaire.

Évoquant la création de ces centres en mars, Pierre N'Gahane, secrétaire général du Centre interministériel de prévention de la délinquance, l'organisme chargé de lutter contre la radicalisation, avait avancé que les candidats pourraient y rester sept jours sur sept, 24 h sur 24.

Selon le premier ministre Valls, le gouvernement français veut construire « de puissants contre-discours » pour « contrecarrer la propagande djihadiste et salafiste, et casser cette entreprise d'embrigadement à grande échelle ».

Dimanche, le Conseil français du culte musulman a annoncé la mise en place d'un« conseil théologique » pour lutter contre la propagande djihadiste. Il doit se réunir au moins deux fois par année et rendra des « avis ».

Parmi les autres mesures du plan antiterroriste, notons la mise en place annoncée d'un « conseil scientifique permanent » sur la radicalisation et le terrorisme, qui pourrait coordonner un réseau de recherche et renforcer le lien entre des chercheurs et des fonctionnaires.

Le gouvernement entend aussi contrôler plus étroitement les personnes qui occupent des postes sensibles, dans les réseaux de transport, par exemple. L'objectif est d'effectuer des contrôles plus fréquemment que tous les trois ans, comme c'est le cas à l'heure actuelle.

Plus d'articles

Commentaires