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La gauche française tranche entre Hamon et Valls

Les électeurs votaient dimanche pour désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle au terme d'une campagne marquée par des échanges parfois acerbes entre Benoît Hamon et Manuel Valls, tenants de deux lignes antagonistes notamment en matière d'économie et de droit du travail.

L'issue de ce second tour décidera des possibles alliances en vue des élections présidentielle et législatives, comme de l'avenir d'un Parti socialiste tiraillé entre son aile droite et son aile gauche.

Manuel Valls, qui a déclaré cette semaine qu'il ne pourrait défendre le projet de Benoît Hamon – donné favori – s'il était battu, s'est présenté ces derniers jours comme le seul à même de remporter l'élection présidentielle contre la droite et l'extrême droite.

L'ex-premier ministre, qui a obtenu 31,5 % des voix au premier tour la semaine dernière, est apparu détendu dimanche matin après avoir voté à Evry.

« Il faut respecter le choix, le vote des électeurs, mais tout est possible et rien n'est écrit », a-t-il dit à la presse. « J'espère simplement que davantage de Français iront voter aujourd'hui par rapport à dimanche dernier. »

Quelque 1,6 million de personnes avaient fait le déplacement dans les bureaux de vote dimanche dernier, contre 2,6 millions lors du premier tour de la primaire socialiste de 2011.

Le taux de participation a donné lieu à un imbroglio, les chiffres définitifs du scrutin publiés lundi soir par la Haute autorité de la primaire étant très inférieurs à celui, « proche de 2 millions », annoncé dans un premier temps.

Rassemblement

S'il l'emporte dimanche soir, Benoît Hamon, représentant d'une aile gauche du Parti socialiste jusqu'alors minoritaire, se trouverait propulsé de fait au premier rang du parti.

« Ç'a toujours été dur de rassembler la gauche pour qui que ce soit, mais je pense que ça apparaîtra nécessaire au regard du risque de devoir assister passifs à un second tour entre la droite et l'extrême droite », a dit l'ancien ministre de l'Éducation après avoir voté à Trappes.

D'autre part, quand on voit l'urgence qu'il y a à traiter des questions comme le travail ou la conversion écologique de l'économie, voire la Sixième République, en fait, les passerelles sont nombreuses et je crois qu'elles nous invitent à la responsabilité.

Benoît Hamon, représentant d'une aile gauche du Parti socialiste jusqu'alors minoritaire

Devant la difficulté d'attirer les élus rétifs, le député des Yvelines, qui a obtenu 36 % des voix au premier tour et reçu le soutien d'Arnaud Montebourg arrivé troisième, a affirmé cette semaine qu'il ferait « tous les gestes nécessaires » au rassemblement.

Conscient de l'enjeu, le premier ministre Bernard Cazeneuve, chef de la majorité, réunira lundi matin à Matignon l'ensemble du gouvernement « pour une discussion collective » sur les résultats du scrutin, a-t-on appris de source gouvernementale.

« Benoît Hamon, s'il est le vainqueur, ce que je souhaite, aura la charge difficile de rassembler l'ensemble des forces de gauche, à commencer par (le candidat de la France insoumise - NDLR) Jean-Luc Mélenchon et (le candidat d'Europe-Écologie-Les-Verts - NDLR) Yannick Jadot », a souligné dimanche l'ex-ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

« Ce n'est pas commode, mais c'est la seule possibilité pour nous de l'emporter dans quelques mois », a-t-il dit à la presse après avoir voté en Saône-et-Loire.

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