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La gauche portugaise veut tourner la page de l'austérité

Pour la première fois en 40 ans, soit depuis le rétablissement de la démocratie au Portugal, la gauche a uni ses forces au Parlement pour renverser le gouvernement minoritaire de droite, geste de défi à l'endroit de son programme d'austérité.

Le Parti socialiste, les communistes et le Bloc de gauche ont ainsi adopté, par 123 voix contre 107, une motion rejetant le programme du gouvernement, entraînant ainsi sa chute à peine 11 jours après son entrée en fonction.

La gauche veut mettre fin à l'austérité et redonner aux Portugais leur pouvoir d'achat.

Le retrait du gouvernement minoritaire de droite inquiète les marchés financiers. Les investisseurs craignent que la gauche vienne briser la difficile remontée économique du Portugal.

Le 4 octobre dernier, le Parti conservateur de Pedro Passos Coelho avait récolté 38,6 % des voix aux élections législatives, perdant ainsi sa majorité au sein du gouvernement. Le Parti socialiste a obtenu 32,3 % du vote, suivi du Parti communiste portugais et du Bloc de gauche.

Ensemble, ils ont formé une alliance pour renverser le gouvernement minoritaire de droite.

Le premier ministre sortant, Pedro Passos Coelho, a affirmé qu'une « remise en question des mesures d'austérité mises en place ces dernières années risquait de mettre le Portugal sur un chemin semblable à celui qu'emprunte la Grèce, aux prises avec un endettement colossal et qui ne doit sa survie qu'aux différents plans d'aide octroyés par ses partenaires européens. »

Or, l'Union européenne clame que la situation du Portugal n'est en rien comparable à celle de la Grèce. Un an et demi après avoir appliqué un régime de rigueur budgétaire, le Portugal est à nouveau dans une zone trouble sur le plan financier.

De son côté, Antonio Costa, chef du Parti socialiste et aspirant au titre de nouveau premier ministre, s'est « engagé à respecter les règles budgétaires européennes ».

Toutefois, une alliance des trois partis de gauche ne signifie pas un gouvernement solide, selon David Schnautz, analyste de Commerzbank, un important groupe bancaire allemand. « Ce sera un exécutif faible, et des élections anticipées se profilent en 2016. »

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