La réunion de crise des ministres des Finances de la zone euro sur la Grèce s'est terminée samedi en toute fin de soirée et reprendra dimanche, ont annoncé les intéressés. Les discussion sur un éventuel sauvetage financier de la Grèce sont « toujours très difficiles », mais « le travail continue », a affirmé le président de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem.

Les ministres de la zone euro, réunis à Bruxelles, tentent d'obtenir de nouvelles garanties de la Grèce et plus d'efforts de sa part pour les convaincre d'ouvrir des négociations en vue d'un accord sur un troisième plan d'aide.

Les ministres des Finances ont accueilli avec scepticisme les dernières propositions formulées par Athènes, dont une hausse de la TVA, des coupes dans les retraites et des privatisations.

Ils affirment de concert ne pas faire entièrement confiance à la Grèce. Athènes devra faire beaucoup plus que publier un plan de réformes de 13 pages avant qu'ils ne signent une autre entente de fonds de sauvetage de plusieurs milliards d'euros pour sauver le pays de la catastrophe financière et d'une sortie de l'euro, disent-ils.

« Il ne faut pas commencer ces négociations sans la mise en oeuvre de certaines mesures » promises par le gouvernement d'Alexis Tsipras, a estimé un diplomate européen.

Les capitales européennes craignent que le gouvernement grec n'interrompe la mise en oeuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité, après l'obtention de fonds européens.

L'avis du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, c'est qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, tant sur le contenu du plan de réforme que sur « la question difficile de la confiance ».

Même si le document est accepté - et il ne l'est pas encore -, les créanciers se demanderont encore s'il sera respecté, a expliqué M. Dijsselbloem.

Berlin envisagerait un « Grexit » temporaire

Selon le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a proposé de discuter sur la base de deux scénarios, dont l'un se traduirait par la mise à l'écart, pendant au moins cinq ans, de la Grèce de la zone euro.

Interrogé pendant une pause de la réunion de l'Eurogroupe, le responsable gouvernemental grec a répondu que « la question d'un "Grexit" n'avait été soulevée par personne, Schäuble pas plus qu'un autre ».

Des experts de la BCE, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international (FMI) chiffrent à 82 milliards d'euros les besoins financiers supplémentaires de la Grèce pour faire face à ses obligations. Les trois institutions, qui avaient indiqué samedi matin que les propositions de la Grèce pourraient servir de base à de nouvelles négociations sur un plan d'aide, ont finalement donné un premier avis favorable.

Le premier ministre de la Grèce, Alexis Tsipras, a demandé une aide de 53,5 milliards d'euros sur les trois prochaines années.

L'issue de la réunion demeure incertaine

La présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaite, croit qu'il y a « 50 % de chances » d'arriver à un accord ce week-end, mais seulement si le texte grec est « profondément modifié ».

Le Parlement grec a largement approuvé la proposition du gouvernement d'Alexis Tsipras, qui comprend presque toutes les mesures proposées par le FMI et l'UE le 26 juin dernier, et qui avait été rejetées massivement lors du référendum du 5 juillet. Quelques milliers de personnes ont d'ailleurs manifesté vendredi soir à Athènes pour exprimer leur mécontentement contre ce qu'ils considèrent comme une trahison du gouvernement.

Par ailleurs, les banques sont fermées jusqu'à lundi en Grèce, mais le vice-ministre des Finances Dimitris Mardas a déjà laissé entendre que ces fermetures pourraient encore se prolonger.

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