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La « jungle » démantelée sous haute surveillance à Calais

Vêtus d'une combinaison orange et armés de masses, une vingtaine d'ouvriers ont commencé à démolir le camp de réfugiés - surnommé la « jungle » - à Calais, en France. La destruction du camp s'amorce ainsi avant même que les réfugiés en aient été complètement évacués.

Quelque 200 membres des forces de l'ordre étaient présents pour protéger la trentaine de personnes chargées de vérifier que les abris étaient bel et bien déserts. « Les migrants savent depuis longtemps que le démantèlement va avoir lieu », a déclaré la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio. « Nous faisons en sorte d'être en situation que cela se fasse le mieux possible. »

Des bulldozers ont également été emmenés sur place afin de raser le camp.

La destruction du camp, qui abritait quelque 6000 personnes au début de la semaine, fait partie de la stratégie du gouvernement pour reloger ses résidents. Les autorités françaises ont déployé de nombreux membres des forces de l'ordre pour éviter que des migrants reviennent sur les lieux pour le recréer.

L'évacuation s'est amorcée en début de journée, hier, et elle devrait être terminée dans quelques jours. Les migrants sont envoyés par autobus dans des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés à travers la France. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué à l'Assemblée nationale que 1056 migrants avaient été « mis à l'abri » aujourd'hui après en avoir évacué 2318 la veille.

La moitié des migrants ont ainsi été évacués, mais les volontaires pour l'embarquement semblent commencer à manquer. Les files d'attente devant le hangar à partir duquel sont orientés les migrants se sont transformées en petits groupes isolés.

« On sait que la "jungle", c'est fini », a déclaré Aarash, un Afghan âgé de 21 ans, en se dirigeant vers le hangar à partir duquel les migrants sont orientés.

Si le tiers des migrants étaient volontaires pour quitter la « jungle », un autre tiers était disposé à partir, tout en demeurant plus circonspect que le premier groupe, rapporte notre correspondant, Jean-François Bélanger. Il restera toutefois un noyau dur qui tentera vraisemblablement de demeurer sur place. Les autorités seront peut-être contraintes de les déloger par la force, poursuit-il.

Les migrants du Pas-de-Calais sont venus dans cette ville française dans l'unique but de traverser la Manche vers le Royaume-Uni, qui ne se trouve qu'à 25 km. Les migrants tentent d'atteindre l'eldorado britannique, où la situation de l'emploi est meilleure qu'en France et où ils espèrent améliorer leur qualité de vie.

Les autorités françaises ont réservé 7500 places pour les migrants dans les Centres d'accueil et d'orientation répartis sur le territoire.

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