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La justice brésilienne vote pour le maintien du président Michel Temer

Les juges du Tribunal supérieur électoral (TSE) du Brésil ont voté à faible majorité en faveur du maintien au pouvoir du président Michel Temer, malgré des accusations d'irrégularités dans le financement de la campagne électorale de 2014.

« On ne remplace pas un président de la République n'importe quand (...) L'invalidation d'un mandat ne peut être décidée que lors de situations non-équivoques », a déclaré le juge Gilmar Mendes, président du TSE.

Son vote a mené à une majorité de quatre voix en faveur du maintien au pouvoir de Michel Temer, contre trois voix en défaveur.

À mesure où se dessinait l’issue du vote, le président brésilien a adopté une attitude de défiance face aux recours portés contre lui.

Il a refusé de répondre à 82 questions écrites de la police fédérale. De plus, ses avocats ont demandé que l'enquête ouverte sur sa personne pour corruption par la Cour suprême soit classée.

« Le président et citoyen Michel Temer est la cible d'une série d'abus et d'atteintes à ses droits individuels et à son statut de chef de la Nation », selon un document fourni par les avocats du président au juge Edson Fachin, rapporteur à la Cour suprême de l'opération « Lavage express », le nom donné au vaste scandale de corruption Petrobras.

« Il a été traité comme un acteur de seconde zone d'un opéra-bouffe mis en scène par un chef d'entreprise criminel et se retrouve maintenant visé par une inquisition envahissante, arrogante et dénuée du moindre respect », peut-on également y lire.

« La décision la plus impopulaire de l’histoire récente »

Le premier juge à voter, le rapporteur Herman Benjamin, avait tenu des propos très durs pour à l’encontre du président.

Il avait vigoureusement dénoncé les pratiques de financement illégal utilisées par des grandes entreprises brésiliennes lors de la campagne électorale qui a permis à Michel Temer d'accéder à la vice-présidence, puis à la présidence l'an dernier à la suite de l'éviction de Dilma Rousseff.

Selon le juge Benjamin, ces pratiques à elles seules « suffisent à invalider le mandat » du binôme présidentiel élu en 2014.

C'est le vote du président Gilmar Mendes, septième et dernier juge à s'exprimer, qui a finalement fait pencher la balance vers un non-lieu vendredi, au cinquième jour d’un marathon de délibérations marquées par de fortes divisions.

Le journal brésilien Valor estime que ce verdict constitue « la décision de justice la plus impopulaire de l'histoire récente » du Brésil.

Des témoignages accablants ignorés

Fait surprenant, quatre juges sur sept avaient laissé entendre qu'ils ne prendraient pas en compte les preuves issues des témoignages de cadres du géant du BTP (bâtiment et travaux publics) Odebrecht, impliqué lui aussi dans le scandale Petrobras.

Ces confessions s’étaient pourtant révélées particulièrement accablantes pour Michel Temer et Dilma Rousseff.

Les témoignages obtenus en échange de remises de peine avaient permis de révéler le versement de millions de dollars de pots-de-vin aux caisses noires de partis politiques de toutes orientations, y compris ceux de la présidente Dilma Roussef, et de son vice-président de l'époque, Michel Temer.

Leurs avocats avaient demandé à ce que ces éléments ne soient pas pris en compte, sous prétexte qu'ils avaient été recueillis après l'instruction du procès.

Le plus grand scandale de corruption de l'histoire du pays

Selon une source présidentielle, le chef de l'État n'a suivi les débats que de façon « sporadique » et est toujours demeuré « serein, tranquille et confiant ».

Le président a affiché cette même confiance tout au long du jugement, promettant de « mener le gouvernement » jusqu’au terme de son mandat, le 31 décembre 2018.

Malgré le verdict du TSE, Michel Temer n’est pas tiré d’affaires pour autant.

Le président brésilien doit encore faire face aux nombreuses motions de destitution et à la menace de défection du parti avec lequel il forme une majorité, le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Et c'est sans oublier l’enquête de la Cour suprême à son égard.

L’enquête avait été ouverte sur des motifs de corruption passive et entrave à la justice après que Joesley Batista, patron du groupe JBS et le plus grand producteur mondial de viande, ait enregistré Michel Temer alors qu’il donnait son accord au versement de pots-de-vin à un témoin-clé dans l'affaire Petrobas, afin que ce dernier se taise.

Révélée en mars 2014, l'affaire Petrobas est considérée comme le plus grand scandale de corruption de l'histoire du Brésil.

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