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La justice égyptienne gèle les avoirs de militants

La justice égyptienne a validé samedi le gel des avoirs de cinq militants des droits de l'homme et trois organisations non gouvernementales accusés d'avoir touché des fonds de l'étranger pour déstabiliser l'Égypte après le soulèvement de 2011.

Ce gel des avoirs, ordonné par un juge d'instruction, demandait à être approuvé par un tribunal. Ce jugement ouvre désormais la voie à des poursuites pénales contre les personnes visées qui seront passibles d'une peine de réclusion à perpétuité si elles sont reconnues coupables.

Les autres militants et ONG concernés sont :

  • Hossam Bahgat, fondateur et ancien directeur de l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne
  • l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'homme et son directeur, Bahey el Dine Hassan
  • le Centre juridique Hicham Moubarak et son directeur, Mostafa al Hassan
  • le Centre égyptien pour le droit à l'éducation et son directeur, Abdelhafiz Tayel
  • Bahgat, Eïd et neuf autres militants des droits de l'homme

Ils sont également interdits de déplacement.

La loi égyptienne autorise en effet les procureurs à geler les avoirs de suspects, à leur interdire de voyager et à les maintenir pendant des périodes de garde à vue prolongées sans qu'ils soient formellement inculpés.

Ce jugement est « le signe que des inculpations pénales sont probablement imminentes », a commenté Hossam Bahgat.

Les militants égyptiens des droits de l'homme disent subir aujourd'hui la répression la plus dure de leur histoire dans le contexte d'une campagne plus large visant les libertés conquises à la faveur de la « révolution du Nil » et de la chute d'Hosni Moubarak en janvier-février 2011.

Dès la fin 2011, 17 groupes de défense de la démocratie et des droits de l'homme avaient fait l'objet de perquisitions, étant accusés de s'être ralliés à une conspiration étrangère contre l'Égypte.

En 2013, un tribunal a ordonné la fermeture de plusieurs ONG étrangères de défense de la démocratie, dont Freedom House, établie aux États-Unis, et a infligé des peines de prison à 43 employés d'ONG, dont 15 Américains ayant fui le pays.

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