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La Maison-Blanche dénonce un « abus de pouvoir judiciaire »

La Maison-Blanche a fustigé dimanche l'excès de pouvoir des juges après la décision d'une cour d'appel de San Francisco, en Californie, de confirmer la suspension du décret de Donald Trump sur une interdiction de territoire pour les ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Selon Stephen Miller s'exprimant sur la chaîne Fox News, cette cour d'appel a la réputation de dépasser régulièrement son domaine de compétence et de voir ses décisions annulées par la suite.

« Les pouvoirs du président en ce domaine ne peuvent pas être contestés », a affirmé le conseiller.

Ce pays ne vit pas dans un régime de suprématie judiciaire.

Stephen Miller, conseiller de la Maison-Blanche

L'une des premières mesures prises par Donald Trump à son arrivée à la Maison-Blanche a été la signature, le 27 janvier, d'un décret interdisant provisoirement l'accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Syrie, Iran, Irak, Somalie, Soudan, Yémen et Libye).

La raison invoquée était de lutter contre la menace terroriste que ces pays faisaient peser sur les États-Unis.

Stephen Miller a expliqué que le décret signé par Trump se fondait sur le droit migratoire américain, domaine dans lequel le président des États-Unis dispose d'une large compétence pour déterminer les interdictions motivées par la sécurité nationale.

La Constitution américaine dispose, elle, dans son premier amendement protégeant la liberté religieuse, qu'aucune discrimination ne peut être faite pour un motif lié à la race, au sexe, à la nationalité ou au lieu de naissance ou de résidence.

Plusieurs options

Contesté en justice pour ce motif par des associations de défense des droits civiques, le décret a été suspendu au niveau national par un magistrat de Seattle en première instance, ce qui a provoqué des tweets rageurs de la part de Trump.

Le jugement a ensuite été confirmé en appel par les trois magistrats d'une cour de San Francisco, jeudi.

Cette opposition de la justice à sa décision a provoqué la colère de Donald Trump, qui a accusé les juges de mettre en péril la sécurité américaine avant d'annoncer qu'il envisageait un « tout nouveau décret » migratoire.

Le pouvoir de limiter l'entrée aux États-Unis « constitue le coeur même de l'autorité présidentielle », a affirmé Stephen Miller. « Nous disposons de plusieurs options et nous les examinons toutes », a-t-il poursuivi lors d'une intervention sur la chaîne ABC.

L'une de ces options serait que la décision prise par le juge de Seattle donne lieu à un procès. Dans un tel scénario, le procureur général de l'État de Washington, Bob Ferguson, a annoncé qu'il ferait comparaître les membres de l'administration Trump pour déterminer « ce qui a réellement motivé » le décret présidentiel.

Des documents et des courriers électroniques émanant de membres de l'administration pourraient confirmer que ce décret constitue une tentative anticonstitutionnelle d'interdire l'entrée des personnes de confession musulmane aux États-Unis.

Interrogé par ABC, Bob Ferguson a affirmé qu'il utiliserait « tous les moyens » à sa disposition pour mettre cela en lumière.

Ses déclarations sur différentes chaînes de télévision ont valu à Stephen Miller les félicitations de Donald Trump sur Twitter. « Du boulot formidable », a écrit le président.

Mais pour Jens David Ohlin, professeur de droit à l'université Cornell, accuser la justice d'usurper les pouvoirs du président démontre « une absence absurde d'appréciation de la séparation des pouvoirs ».

« Miller se rapproche dangereusement de la relance d'une théorie discréditée et dangereuse voulant que chaque branche de l'appareil gouvernemental, y compris le président, dispose d'une autorité indépendante pour décider ce que signifient la loi et la Constitution », a-t-il ajouté dans un entretien à Reuters.

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