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La Maison-Blanche se dit prête à utiliser la force nucléaire contre la Corée du Nord

La communauté internationale condamne le puissant essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord, qui affirme avoir testé une bombe à hydrogène. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira lundi pour évoquer cet essai, le plus puissant à ce jour réalisé par Pyongyang, alors que la Maison-Blanche se dit prête à user de son arsenal nucléaire si nécessaire.

Le président américain Donald Trump s'est entretenu au téléphone avec son homologue japonais Shinzo Abe, a indiqué la présidence dans un communiqué diffusé dimanche.

« Le président Trump a réaffirmé l'engagement des États-Unis à défendre notre patrie, nos territoires et nos alliés en utilisant la gamme complète des capacités diplomatiques, conventionnelles et nucléaires dont nous disposons », précise-t-on.

M. Trump avait affirmé plus tôt que la Corée du Nord était « un État voyou qui est devenu une menace et un embarras pour la Chine, qui s'efforce d'aider, mais avec peu de réussite ». Les États-Unis envisagent d'imposer de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

Si le président Trump s’est montré avare en informations quant à une éventuelle réaction militaire contre Pyongyang, son secrétaire à la Défense, James Mattis, a promis une « réaction militaire massive ».

L'Union européenne va dans le même sens et s'apprête à renforcer ses sanctions contre la Corée du Nord. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à « faire preuve d'une plus grande détermination » à l’endroit de la Corée du Nord.

Le premier ministre du Canada, qui condamne « sans équivoque » ce nouveau test nucléaire, exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à « prendre d'autres mesures décisives » contre la Corée du Nord.

La Corée du Sud a entrepris dimanche soir des manœuvres impliquant des missiles balistiques. Ces exercices se veulent une réponse au test nucléaire nord-coréen.

La France et l'Allemagne veulent des sanctions

À Paris, le président Emmanuel Macron a convié « les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à réagir rapidement à cette nouvelle violation par la Corée du Nord du droit international ». Il souhaite également une réaction claire et unie de l’Union européenne.

Après un entretien téléphonique entre le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, les deux pays ont diffusé un communiqué dans lequel ils se disent favorables à « un durcissement » des sanctions de l'Union européenne contre la Corée du Nord.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui est sous l'égide de l'ONU, a qualifié ce sixième essai mené depuis 2006 d'« acte extrêmement regrettable ». L'Agence, qui n'est plus autorisée à se rendre en Corée du Nord, espère que ce test « contribuera à une prise de conscience de la communauté internationale pour interdire les essais nucléaires en mettant en oeuvre le TICEN », le traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

La Chine, l'un des rares alliés de la Corée du Nord, a affirmé « condamner vigoureusement » ce nouvel essai. La Corée du Nord « a ignoré l'opposition générale de la communauté internationale et effectué un nouveau test nucléaire », a déploré le ministère chinois des Affaires étrangères, tout en exhortant Pyongyang à « cesser d'aggraver la situation ».

Le pays a aussi déclenché dimanche, peu après l'essai nucléaire, un plan d'urgence pour contrôler le niveau des radiations le long de sa frontière avec la Corée du Nord, a annoncé le ministère chinois de l'Environnement.

Le président chinois, Xi Jinping, et son homologue russe, Vladimir Poutine, ont « convenu de s'en tenir à l'objectif de dénucléarisation de la péninsule coréenne et d'entretenir une communication ainsi qu'une coordination étroites afin de répondre à la situation nouvelle », selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a affirmé qu'un essai nucléaire nord-coréen était « absolument inacceptable ».

Triomphalisme à Pyongyang

La bombe « d'une puissance sans précédent » marque « une occasion très importante, le fait d'atteindre le but qui est de parachever la force nucléaire de l'État », a déclaré une présentatrice de la télévision publique nord-coréenne.

Selon des spécialistes sud-coréens, la puissance de la secousse détectée était d’au moins cinq à six fois supérieure à celle du dernier essai nucléaire, conduit en septembre 2016. La Corée du Nord avait alors fait exploser une bombe de 10 kilotonnes.

Samedi soir, l'agence de presse nord-coréenne KCNA avait rapporté que le leader nord-coréen, Kim Jong-un, avait inspecté une bombe à hydrogène pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental.

Les sismologues des agences géologiques étrangères ont d'abord mesuré une secousse d'une magnitude de 6,3 près du principal site de tests atomiques nord-coréens, Punggye-ri. Tokyo a par la suite confirmé qu'il s'agissait d'un essai nucléaire.

Le séisme provoqué a notamment été ressenti jusque dans le nord de la Chine. Des habitants ont d'ailleurs quitté leurs maisons, par peur d'un tremblement de terre.

Les bombes H (bombes à hydrogène ou thermonucléaires) sont beaucoup plus puissantes que les bombes atomiques ordinaires. Les premières estimations des experts quant à la puissance de l'engin testé dimanche varient toutefois profondément, certains évoquant une bombe d'une mégatonne.

Le Japon et la Corée du Sud estiment que cet essai est d'une puissance 10 fois supérieure à ceux conduits précédemment par le régime communiste.

Aucun expert indépendant n'a pour le moment confirmé qu'il s'agit bel et bien d'une bombe à hydrogène.

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