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La marine chinoise dévoile son deuxième porte-avions

Pékin a inauguré mercredi son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et fabriqué en Chine. Un emblème des grandes ambitions maritimes chinoises, dévoilé en marge des tensions diplomatiques liées à la Corée du Nord et à la mer de Chine méridionale.

Avec ce porte-avions de conception nationale, la Chine place une nouvelle pièce sur l’échiquier naval de la région. Nommé Shandong - du nom d’une province de l’est du pays -, il symbolise l'aspiration de Pékin à devenir une puissance maritime capable de concurrencer les États-Unis en mer de Chine méridionale, avance Sam Roggeveen, chercheur au Lowy Institute de Sydney.

La marine chinoise, qui fêtait dimanche son 68e anniversaire, comptait déjà sur un premier porte-avions : le Liaoning, acheté à l’ex-URSS et réaménagé en Chine. Dirigée depuis janvier par l'amiral Shen Jinlong, un proche du président Xi Jinping, la marine chinoise cherche, avec ce nouveau navire, à accroître son influence en mer de Chine méridionale, où les contentieux territoriaux alimentent les tensions diplomatiques.

Eaux troubles

Pour l’heure, les tensions s’articulent autour de la Corée du Nord et de son programme nucléaire et balistique. Récemment, le président américain Donald Trump annonçait l’envoi d’un porte-avions, le Carl Vinson, au large de la péninsule coréenne, afin de faire pression sur Pyongyang. Le régime américain annonçait aussi mercredi l’arrivée des premiers éléments de son bouclier antimissile THAAD, dont le déploiement est prévu en Corée du Sud.

La Chine revendique aussi la possession de la quasi-totalité de la mer de Chine du Sud, dont les fonds renfermeraient de vastes quantités de pétrole et de gaz et qui constitue une voie de navigation commerciale majeure. Quelque 5000 milliards de dollars de marchandises y transitent chaque année. Outre la Chine, le Brunei, la Malaisie, les Philippines, Taïwan et le Vietnam ont également des visées sur cette route maritime.

Le porte-parole chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, assure néanmoins que l’intention de Pékin est de maintenir une posture pacifique.

« L’intention derrière le développement de notre présence militaire maritime est de s’assurer de protéger notre souveraineté et notre sécurité nationales, de développer nos intérêts domestiques et de préserver la paix dans le monde », a-t-il déclaré lors du dévoilement du Shandong.

Un marqueur de « progrès »

Ce nouveau porte-avions, construit depuis 2013 dans les chantiers navals du port de Dalian, dans le nord-est de la Chine, devrait entrer en service en 2020. Selon les médias officiels chinois, sa structure principale a été achevée, mais Pékin doit encore terminer quelques travaux, notamment ceux liés à son armement.

Ses systèmes de propulsion et d’alimentation électrique ont toutefois été installés, précise l’agence officielle de presse Chine nouvelle. « La mise à l’eau de ce porte-avions marque le progrès de la Chine dans la conception et la construction d’un porte-avions national », précise l’agence.

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