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« La pauvreté est sexiste » - Justin Trudeau à la conférence du Fonds mondial

À l'occasion de la conférence du Fonds mondial qui s'est ouverte vendredi à Montréal, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a souligné dans son allocution d'ouverture qu'il importait de briser « le cercle vicieux de la pauvreté » dans le monde, ajoutant que son pays verserait 800 millions de dollars sur trois ans à l'organisme.

Cette conférence est destinée à rassembler les ressources nécessaires pour mettre fin aux épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme d'ici 2030. C'est l'objectif ambitieux poursuivi par le Fonds mondial, une institution financière basée à Genève qui réunit en partenariat des gouvernements, des entreprises, des groupes de la société civile et des personnes frappées par ces trois maladies.

Pour endiguer ces épidémies, il faut fournir un effort collectif soutenu et combattre notamment la pauvreté, qui touche « de manière disproportionnée les femmes et les jeunes filles », a déploré M. Trudeau.

« La pauvreté est sexiste », a-t-il affirmé. « Les femmes et les jeunes filles qui vivent dans la pauvreté sont particulièrement exposées à la maladie. Pour elles, il est plus difficile de surmonter les obstacles qui les empêchent de s'instruire, et elles sont victimes, chaque jour, de discrimination sur les plans politique et social. »

Les victimes se trouvent principalement dans le sud et l'est du continent africain, selon un rapport du Fonds mondial publié au début du mois.

« Malgré les avancées, les inégalités entre les sexes, les pratiques préjudiciables, la violence sexuelle et la discrimination contre les femmes continuent d'entretenir ce nombre disproportionné de nouvelles infections chez les femmes et les adolescentes et d'augmenter leur risque global de santé », est-il écrit dans le rapport de l'organisme.

De 2002 à 2015, les programmes du Fonds mondial seraient parvenus à sauver plus de 20 millions de vies, selon le même document. Le nombre de décès causés par ces maladies a aussi diminué du tiers dans les pays où s'implique l'organisation.

En 2015, 60 % du financement des programmes du Fonds mondial était consacré aux femmes et aux filles.

Réduire le coût des médicaments

Le Fonds mondial s'efforce de réduire le coût des médicaments antirétroviraux en les achetant en grande quantité et en tentant de réformer les règles touchant la propriété intellectuelle, qui retardent la production de médicaments génériques. Le Canada considère le Fonds mondial comme le lieu pour discuter du coût élevé de ces médicaments, cruciaux pour sauver des vies.

« C'est l'enjeu de l'heure », a souligné la présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu, à l'émission 24/60 sur ICI RDI.

Mme Liu prend l'exemple des médicaments contre le VIH, dont le prix a baissé fortement au début des années 2000. « Là, il y a de nouvelles molécules pour les résistances au VIH [et] il faut que tout le monde ait accès à ça. Ça va être la seule façon d'arriver et de gagner cette bataille-là contre le VIH/sida », soutient-elle.

Mais les efforts des gouvernements ne devront pas se limiter au prix de la trithérapie, a fait valoir le Dr Réjean Thomas au micro d'Anne-Marie Dussault.

« Il faut aller plus loin aussi. Il y a des pays où 50 % des gens ne sont pas dépistés, alors il faut encourager le dépistage », plaide-t-il. « On sait que si on traite toutes les femmes enceintes, il n'y aura plus d'enfants qui vont naître avec le VIH/sida dans le monde. On sait ça depuis 20 ans! Mais malgré tout, il y a encore 150 000, voire 200 000 enfants qui naissent avec le VIH [chaque année]. »

À part Justin Trudeau, Joanne Liu et le Dr Thomas, d'autres personnalités participent à l'événement, telles que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le fondateur de Microsoft, Bill Gates, et le chanteur Bono, du groupe U2.

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