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La Pennsylvanie, un terreau fertile pour Donald Trump

Si Hillary Clinton peut compter sur le vote des grandes villes de Pennsylvanie, Philadelphie et Pittsburgh, la bataille s'annonce serrée dans les régions plus rurales. Rencontres avec des électeurs.

Un texte de Tamara Alteresco

La dernière fois que la Pennsylvanie a voté républicain, c'était en 1988. Toutefois, cette année, Donald Trump a brouillé les cartes. Sa campagne va particulièrement bien dans le nord-est de l'État.

Le déclin économique et l'arrivée massive et soudaine d'immigrants latino-américains ont transformé des villes entières, comme Hazleton, dans le comté de Luzerne, un des plus disputés de la campagne 2016.

À la conquête de la majorité silencieuse

Bob Bolus, homme d'affaires de la région au franc-parler, a pris le taureau par les cornes et a mobilisé une dizaine de ses camions pour faire campagne pour Donald Trump.

Il est à la conquête de ce qu'il appelle la majorité silencieuse dans le nord-est de l'État, qui s'apprête à voter pour le candidat républicain. Ses 18-roues serpentent aussi des États-clés comme l'Ohio et la Floride.

« Finie, la rectitude politique »

Barbara Scis est sans emploi. Cette immigrante polonaise a perdu sa maison durant la récession de 2009 et a de graves problèmes de santé, qui l'empêchent de travailler.

Elle vient d'abandonner le Parti démocrate auquel elle était fidèle depuis les années 70.

Aujourd'hui, elle est bénévole pour Donald Trump parce qu'elle dit en avoir assez des illégaux qui profitent de l'État.

Elle considère que Donald Trump est le seul capable d'améliorer son sort, comme il l'a fait pour New York.

« On n'est pas au Mexique »

Lisa Racosky travaille au Walmart de Hazleton. « Je déteste mon emploi, dit-elle, mais je ne trouve rien d'autre. » Chaque fois qu'elle postule pour un emploi, les employeurs lui demandent si elle parle espagnol.

Lisa Racosky est nostalgique de l'immigration d'avant, qui a vu ses grands-parents polonais s'installer en Amérique pour travailler dans les mines de la région.

Cette démocrate depuis toujours votera cette fois-ci pour Donald Trump.

Cousins par alliance, mais adversaires en politique

Amilcar Arroyo, un immigrant péruvien, votera pour Clinton, et Sean Maylon, pour Donald Trump.

« Comme l'Amérique est en crise, il nous faut un leader », affirme Sean Maylon, un ex-policier qui vient d'épouser une Latino-Américaine. Il croit que le gouvernement doit resserrer les politiques d'immigration et savoir exactement qui entre aux États-Unis.

Amilcar Arroyo, éditeur du journal El Mensajero, déplore quant à lui une campagne qui propage l'intolérance dans une ville comme la sienne, Hazleton, où la communauté latino forme presque la moitié de la population.

« Je ne reconnais plus l'Amérique »

Dwain Heisler monte la garde au stand démocrate de la grande foire de Bloomsburg. Ce membre du comité démocrate de la Pennsylvanie en profite pour vendre des t-shirts et inscrire des électeurs au passage.

Il constate que cette année est plus difficile. Il impute la popularité de Donald Trump aux électeurs peu informés.

Il s'inquiète du discours haineux, raciste et intolérant qu'il entend de plus en plus. Il dit ne plus reconnaître son Amérique.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

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