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La police enquête sur de présumées agressions sexuelles collectives dans le sud de l'Inde

À Bangalore, dans le sud de l'Inde, la police s'est résolue à ouvrir une enquête après que des femmes eurent été présumément agressées lors de festivités qui se déroulaient dans la rue, dans la nuit du Nouvel An. Six hommes sont interrogés dans cette affaire.

Dans un premier temps, les policiers de Bangalore avaient annoncé qu'ils attendraient le dépôt de plaintes en lien avec ces violences présumées.

Mais même en l'absence de plaintes formelles, les autorités ont décidé mercredi d'ouvrir une enquête, passant au crible les images captées dans la nuit du Nouvel An par 45 caméras au centre-ville de Bangalore, où des centaines de fêtards s'étaient rassemblés.

La police de Bangalore dit détenir six suspects et affirme avoir obtenu des éléments de preuve « crédibles » relativement au fait que des femmes auraient été pourchassées, victimes d'attouchements, brutalisées et volées.

Ces événements ne sont pas sans rappeler ce qui s'était produit dans certaines villes d'Allemagne, dont Cologne, au Nouvel An l'an dernier.

Bangalore, un cas qui secoue l'opinion publique

Les crimes et délits sexuels font partie du quotidien en Inde. En 2015 seulement, plus de 34 000 viols ont été rapportés. Étant donné que nombre de femmes hésitent à dénoncer, ce nombre est sans doute encore plus élevé.

Mais l'État du Karnataka était jusqu'ici considéré comme étant plus sûr que la capitale New Delhi, parce que la population y est en moyenne plus éduquée.

Les événements du Nouvel An à Bangalore ont causé l'émoi dans tout le pays. Un émoi qu'ont accentué les affirmations de politiciens : le ministre de l'Intérieur du Karnataka, par exemple, a publiquement attribué la cause de ces incidents aux vêtements « à l'occidentale » que portaient les présumées victimes, selon lui.

Une remarque qu'a réprouvée le ministre de l'Intérieur de l'Inde, qui l'a qualifiée sur Twitter d'« irresponsable ». Mais un chef de parti politique dans l'État de Maharahstra a jeté de l'huile sur le feu en affirmant à son tour que si sa propre soeur célébrait le Nouvel An sans la présence de son mari ou de son frère, « ce ne serait pas correct ».

Les médias sociaux s'enflamment

Sur les réseaux sociaux, ces échanges controversés ont déclenché une avalanche de commentaires. Certains dénonçaient les présumées agressions. D'autres déploraient le fait que, dans cette affaire, le blâme semble retomber sur l'ensemble de la gent masculine.

L'Inde s'émeut davantage du sort des victimes d'agressions sexuelles depuis la mort d'une jeune étudiante en médecine qui avait été violée à répétition par des hommes à bord d'un autobus en 2012. Un drame qui avait provoqué une rare réflexion sur la violence faite aux femmes dans ce pays.

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