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La police macédonienne tire des bombes lacrymogènes sur des migrants

Pour une deuxième fois en quatre jours, la police macédonienne a tiré des gaz lacrymogènes contre un groupe de migrants qui tentaient d'entrer en Macédoine depuis le camp d'Idomeni. Contrairement à ce qui s'était produit dimanche, les policiers antiémeutes grecs sont cependant intervenus pour calmer les esprits. 

Quelque 11 000 migrants souhaitant pour la plupart se rendre dans des pays de l'Europe du Nord sont coincés dans le camp d'Idomeni depuis que la Macédoine a fermé sa frontière avec la Grèce, il y a un mois. Impossible pour eux depuis de prendre la « route des Balkans », qu'ils empruntaient jusqu'ici.

Mercredi avant-midi, un groupe d'environ 200 migrants - des Syriens, des Irakiens et des Afghans - ont tenté de forcer la clôture en fil de fer barbelé que les autorités macédoniennes ont installée à la frontière. Les policiers macédoniens ont alors tiré des gaz lacrymogènes en leur direction.

Les migrants ont ensuite joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre macédoniennes pendant une trentaine de minutes, se déplaçant le long de la clôture pour y trouver des failles, mais en vain.

Les policiers antiémeutes grecs sont finalement intervenus pour repousser les plus audacieux, en se plaçant entre la barrière et les migrants. Les tirs de gaz lacrymogènes ont aussitôt cessé. Des migrants ont néanmoins poursuivi leur manifestation. Certains ont lancé des pierres vers les policiers macédoniens. 

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Ce nouvel épisode de tension à la frontière s'est produit au moment où le premier ministre macédonien effectuait une visite officielle au centre de réception pour migrants de Gevgeljia, en compagnie de ses homologues croate et slovène, Kolinda Grabar Kitarovic et Borut Pahor. 

Selon Médecins sans frontières, 260 personnes ont été blessées dimanche lorsqu'elles ont tenté de franchir la frontière gréco-macédonienne. L'organisation soutient avoir constaté des impacts de balles en caoutchouc sur certains d'entre eux, mais les autorités macédoniennes ont démenti ces informations.

L'affaire a néanmoins donné lieu à des échanges acerbes entre les deux pays, le premier ministre grec Alexis Tsipras accusant Skopje d'avoir utilisé la force contre des « gens qui ne constituaient pas une menace, n'étaient pas armés ».

« Il s'agit d'une grande honte pour la société européenne et un pays qui veut en faire partie », avait-il dit. « J'attends des autres Européens et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés [HCR] qu'ils disent quelque chose. »

Le ministère macédonien de l'Intérieur avait répliqué en accusant « la police grecque de n'avoir pas essayé d'intervenir et de mettre un terme aux incidents ». 

Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a aussi fait part de sa « grande inquiétude » face à l'attitude des autorités macédoniennes. « La violence n'est jamais une solution, quelles que soient les circonstances », a déclaré un porte-parole de l'agence onusienne, Adrian Edwards.

La Grèce cherche à évacuer les migrants massés à Idomeni et dans le port du Pirée d'ici la fin du mois d'avril. Mardi, quelque 700 réfugiés ont quitté le camp d'Idomeni pour des centres d'accueil situés au nord de la Grèce.

Il reste tout de même environ 10 600 migrants dans le camp d'Idomeni, où les conditions de vie sont sordides, et un total d'environ 50 000 sur le territoire grec. 

Avec les informations de Jean-François Bélanger

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