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La police russe arrête plus de 270 manifestants pro-Navalny

Au moins 62 personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre, samedi, lors d'un rassemblement organisé en vertu des encouragements de l'opposant russe Alexeï Navalny dans la ville de Saint-Pétersbourg, d'où est originaire le président russe Vladimir Poutine.

Plusieurs milliers de partisans de ce leader de l'opposition ont manifesté dans 80 villes à travers la Russie, répondant à son appel pour faire pression sur les autorités afin qu'il puisse poser sa candidature en vue de la présidentielle de 2018.

Des témoins rapportent que plusieurs manifestants ont été blessés lors d'arrestations musclées. Au total, 271 personnes ont été arrêtées partout au pays, a mentionné le porte-parole de l'ONG OVD-Info.

Ces manifestations, qui surviennent le jour même du 65e anniversaire de l'actuel président Vladimir Poutine, se déroulaient également alors que M. Navalny purge une peine de prison de 20 jours pour avoir appelé à la tenue d'une manifestation non autorisée.

À Moscou, ils ont été plusieurs centaines, surtout des jeunes, à se rassembler sur la Place Pouchkineskaïa, dans le centre-ville, pour y brandir des drapeaux russes et y scander « La Russie sera libre! » et « Libérez Navalny! ».

La police a mis les protestataires en garde contre le fait que la manifestation n'avait pas été autorisée et a réclamé qu'ils se dispersent, mais n'est pas immédiatement intervenue pour mettre fin au rassemblement.

Cette paix relative a disparu en début de soirée, alors que les autorités ont commencé à faire usage de la force pour arrêter des protestataires.

Escortés par la police, les manifestants ont défilé le long de la rue Tverskaïa en direction du Kremlin, en criant « Laissez Navalny se présenter! » et « L'avenir sans Poutine! ». Des barrières de la police les ont empêchés de se rapprocher de la place Rouge, et ils ont rebroussé chemin.

« Je n'ai pas peur d'être arrêté : s'ils m'arrêtent, je suis prêt à passer plusieurs nuits en prison pour ce que je pense être juste », a soutenu Vladimir Nemykh, un étudiant de 18 ans qui défilait dans la capitale. « Je veux stopper les agissements de Poutine », a renchéri une autre étudiante, Maria Antonienko.

Dans le calme... pendant un temps

La décision des autorités de ne pas immédiatement disperser les manifestants et de leur permettre de marcher sur cette avenue du centre-ville moscovite représentait un contraste avec de précédents rassemblements appelés ou organisés par M. Navalny dans la capitale plus tôt cette année, lorsque les forces de l'ordre ont détenu plus de 1000 personnes.

Cette retenue inhabituelle reflétait probablement un désir d'éviter une réaction plus musclée le jour de l'anniversaire du président russe.

La plupart de ces manifestations n'ont pas reçu le feu vert des autorités, mais la police n'a pas procédé à leur dispersion, n'arrêtant que quelques protestataires et militants.

Alexeï Navalny a fait savoir qu'il désirait se présenter à l'élection présidentielle de mars 2018, même si une condamnation au criminel, un geste qu'il qualifie de politique, l'empêche de se porter candidat.

Décrit comme un chantre de la lutte anticorruption, l'homme de 41 ans a organisé plusieurs vagues de manifestations cette année, lançant un défi au Kremlin.

Navalny contre le « rutabaga »

M. Poutine, de son côté, n'a pas encore annoncé s'il serait candidat à sa propre succession, mais il est fort probable qu'il se représente.

Avec un taux d'approbation dépassant les 80 %, l'homme fort du Kremlin devrait remporter un nouveau mandat de six ans contre des vétérans léthargiques d'autres campagnes, comme le chef communiste Gennady Ziouganov.

Selon M. Navalny, le fort taux d'approbation du président découle de l'absence de véritable concurrence politique. Il a pressé ses partisans de l'aider à s'inscrire pour la course à la présidentielle.

« Le taux d'approbation de 86 % existe dans un vide politique », dit-il. « C'est un peu comme si l'on demandait à une personne n'ayant mangé que du rutabaga toute sa vie à quel point elle trouve cela bon; on obtiendrait un résultat fort enviable. Écoutez, il y a des choses meilleures que le rutabaga. »

Cette analogie sarcastique reflète le style acéré de M. Navalny, qui lui a récemment permis d'aller chercher l'appui des jeunes.

L'homme a travaillé à développer sa base avec des vidéos révélant la corruption des responsables gouvernementaux, ainsi qu'avec des diffusions en direct sur YouTube.

Son documentaire sur la richesse supposément mal acquise du premier ministre russe Dmitri Medvedev a été visionné à près de 25 millions de reprises depuis son lancement en mars, ce qui a aidé à nourrir les manifestations.

Répondant à son appel, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de dizaines de villes russes, en mars et en juin, dans le cadre de la plus importante contestation du gouvernement depuis des manifestations survenues en 2011 et 2012.

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