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La police suédoise accusée d'avoir tu des agressions sexuelles

La police suédoise fait face à un tollé pour ne pas avoir informé la population de dizaines d'agressions sexuelles qu'auraient commises des étrangers sur des adolescentes lors d'un festival de musique, l'été dernier. Le quotidien qui a révélé l'affaire laisse entendre que la police a dissimulé des informations sciemment pour des raisons politiques.

Au cours du week-end, le quotidien Dagens Nyheter a fait état de 38 agressions sexuelles, dont deux viols, ayant fait l'objet de plaintes pendant les deux dernières éditions du festival We Are Sthlm, qui se déroule à Stockholm en août et qui est fréquenté par quelque 170 personnes.

La majorité des agresseurs présumés étaient des demandeurs d'asile mineurs non accompagnés, selon le quotidien.

Ces allégations ne sont pas sans rappeler la série d'agressions sexuelles et de vols commis pendant la Saint-Sylvestre à Cologne, en Allemagne.

Un porte-parole des forces de l'ordre de la capitale a reconnu qu'« un grand nombre » d'agressions sexuelles avaient été rapportées au cours de la dernière édition de l'événement, en mai dernier, et que des suspects avaient été placés en détention sans en préciser le nombre.

La police aurait dû faire état des incidents à l'époque « compte tenu de la nature du crime », a-t-il admis. le porte-parole a cependant nié que la police avait gardé le silence parce que les suspects étaient d'origine étrangère.

Il n'a pas indiqué l'origine des agresseurs présumés, mais a confirmé qu'il s'agissait de « jeunes hommes qui ne viennent pas de Suède ».

Selon des documents policiers consultés par Reuters, la police a reçu 20 plaintes d'agressions sexuelles - dont 14 par des adolescents de moins de 15 ans - dans le secteur du festival en 2015, contre 18 en 2014.

Le rapport ne faisait toutefois pas mention de l'origine ethnique des agresseurs présumés, et le porte-parole de la police n'était pas en mesure de dire combien d'entre eux avaient été formellement accusés.

La police a cependant précisé qu'aucune condamnation n'avait été prononcée depuis.

Le directeur de la police nationale, Dan Eliasson, a assuré au cours d'une conférence de presse que l'affaire ferait l'objet d'une « enquête interne » qui pourrait entraîner des sanctions.

Des suspects d'origine afghane

Le département des événements du gouvernement municipal a indiqué à l'agence Associated Press qu'une « grande partie » des personnes arrêtées venaient d'Afghanistan et que plusieurs d'entre eux étaient détenteurs de cartes d'identité temporaires délivrées à des demandeurs d'asile.

Quelque 200 suspects ont été détenus, a-t-il précisé.

Ce festival annuel donne souvent lieu à des accusations sexuelles, mais essentiellement commises par des individus agissant seuls, a-t-il expliqué. Mais il s'agit ici de groupes qui ont procédé « d'une façon presque organisée ».

« Un grand groupe de garçons entourent les filles et prétendent danser. Ils s'approchent de plus en plus et commencent à toucher leurs poitrines et leurs parties génitales. Dans certains cas, cela s'accompagne de vols », a-t-il ajouté.

Citant des sources policières, le quotidien Dagens Nyheter affirmait que la police suédoise était réticente à parler publiquement de crimes liés aux migrants de peur de faire le jeu des Démocrates de Suède, un parti d'extrême droite anti-immigration, dont le soutien a bondi à environ 20 % dans les intentions de vote.

Plusieurs électeurs se sont tournés vers la formation après l'arrivée d'un nombre record de 163 000 demandeurs d'asile dans la dernière année.

La police critiquée par le premier ministre

« Je ressens une très forte colère en voyant que des jeunes femmes ne peuvent pas aller à un festival de musique sans se faire importuner, harceler sexuellement et attaquer », a réagi le premier ministre Stefan Löfven devant la presse à Stockholm.

Il a déploré une « double trahison » à l'endroit des victimes d'une part parce que « les poursuites en justice ne se sont pas déroulées de la façon dont nous souhaiterions » et parce que la police a gardé le silence sur ce problème.

Le fait que la police n'ait pas informé le grand public est « un problème de démocratie pour notre pays », a-t-il affirmé.

Les critiques à l'endroit de la police ont fusé de tous les horizons politiques, notamment les Démocrates de Suède, qui ont dénoncé un « scandale sans précédent ».

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