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La première année de Trump en 13 moments clés

Le président américain a fait couler beaucoup d'encre cette année. Il a pris des décisions controversées et a alimenté constamment les débats par ses déclarations incendiaires. Voici 13 des moments importants qui ont marqué l'année 2017 à la Maison-Blanche.

Un texte de Ximena Sampson

1. 23 janvier : Retrait du Partenariat transpacifique

Aussitôt assermenté, Donald Trump met une de ses promesses à exécution en signant l’ordre qui retire son pays du Partenariat transpacifique (PTP), un accord de libre-échange négocié par l’administration Obama, mais pas encore ratifié par le Sénat.

Cette décision est « une excellente chose pour les travailleurs américains », a-t-il commenté.

Le PTP, qui regroupait 12 pays, dont le Canada, visait à établir la plus grande zone de libre-échange au monde afin de faire contrepoids à l’influence chinoise. Durant sa campagne, Donald Trump avait dénoncé un accord « terrible » qui accélérerait les délocalisations d’entreprises américaines.

2. 27 janvier 2017 : Décret interdisant l’entrée de certains immigrants aux États-Unis

Le président signe un décret interdisant l’entrée du territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen).

Le décret, contesté, est toutefois rapidement suspendu par des juges. Le président en propose diverses moutures au cours de l’année, dont la plus récente retire l’Irak et le Soudan de la liste, mais y ajoute le Tchad.

Ses détracteurs lui reprochent de cibler sans raison et de façon discriminatoire des dizaines de millions de musulmans.

Le 4 décembre, la Cour suprême autorise l'application pleine et entière du décret migratoire, en attendant que le dossier soit jugé sur le fond.

3. 6 avril 2017 : Premières frappes américaines contre le régime syrien

Au lendemain d’une attaque chimique meurtrière contre la localité de Khan Cheikhoun qui a fait 86 morts, dont 27 enfants, et provoqué l’indignation mondiale, la Maison-Blanche ordonne une frappe contre le régime de Bachar Al-Assad, à qui il impute la responsabilité de cette attaque.

« Il est incontestable que la Syrie a utilisé des armes chimiques interdites, a violé ses obligations en vertu de la convention sur les armes chimiques et a ignoré les appels du Conseil de sécurité de l'ONU », a déclaré Donald Trump.

Cette première attaque directe des États-Unis contre le pouvoir syrien de Bachar Al-Assad représente une volte-face pour le président, qui avait mené sa campagne électorale en s'opposant à toute implication américaine dans la guerre civile syrienne.

Elle se démarque aussi de l’attitude de son prédécesseur. Barack Obama avait été fortement critiqué pour ne pas avoir réagi, en août 2013, à une attaque chimique en banlieue de Damas qui aurait fait plus de 1400 morts, alors même qu’il avait tracé une « ligne rouge » à ne pas franchir.

Depuis l’intervention d’avril, les États-Unis semblent cependant s’être résignés à la permanence d’Al-Assad à la tête de son pays et à l’influence grandissante des Russes dans les affaires syriennes.

4. 1er juin : Les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris

Comme il l’avait annoncé pendant la campagne électorale, Donald Trump retire son pays de l’accord international sur le climat conclu en 2015. Selon lui, l’effort de réduction des émissions de carbone exigé des États-Unis pourrait entraver la croissance américaine.

« Je ne veux rien qui puisse se mettre en travers de notre chemin », a-t-il déclaré. Selon lui, l’accord n’en demande pas assez à de gros pollueurs comme la Chine et l’Inde.

Ce n’est pas la première décision peu favorable à l’environnement de M. Trump. Dès le début de son mandat, le magnat de l’immobilier a donné son feu vert à la construction des oléoducs Keystone et Dakota Access. Il s’est ensuite attaqué au Clean Power Plan, adopté par Barack Obama, qui aurait entraîné la fermeture de nombreuses centrales au charbon de bois, en plus de faire marche arrière sur de nombreuses lois environnementales mises en place par l'administration démocrate.

5. 11 août : Trump refuse de critiquer la violence des suprémacistes blancs

Lors d'un rassemblement d’extrême droite en Virginie, une voiture fonce sur la foule des contre-manifestants antiracistes, tuant une femme de 32 ans et blessant 19 autres personnes.

« Nous condamnons dans les termes les plus forts possible cette démonstration odieuse de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties », a déclaré Donald Trump, insistant sur le fait que « plusieurs camps » en étaient responsables.

Ce refus de condamner explicitement la violence des suprémacistes blancs a enflammé les commentateurs et les analystes. La Maison-Blanche et les proches du président ont tenté de le justifier en estimant que le président « incluait les suprémacistes blancs et les néonazis » dans sa condamnation de la violence.

Loin de se dédire, Trump en a remis, deux jours plus tard, affirmant que la violence venait des deux côtés.

6. 19 septembre 2017 : Trump menace de « détruire complètement » la Corée du Nord

Réagissant aux tirs de missile et aux tests nucléaires de Pyongyang, Donald Trump a haussé le ton à plusieurs reprises au cours de l’année. Il a soutenu que la Corée du Nord était un « État voyou » et a traité Kim Jong-un de « fou » et de « petit homme-fusée ».

En août, il a promis de répondre avec une puissance de « feu et de colère comme le monde n'en a jamais vu » si la Corée du Nord renouvelait ses menaces contre les États-Unis.

Puis, en septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, il en a rajouté. « Nous n'aurons d'autre choix que de détruire complètement la Corée du Nord si nous sommes forcés de nous défendre ou de nous porter à la défense de nos alliés », a-t-il soutenu.

Kim Jong-un, pour sa part, a traité le président américain de « chien enragé » et de « gâteux mentalement dérangé ».

Trump a commencé l’année 2018 dans la même veine en soutenant que son « bouton nucléaire » était « beaucoup plus grand et beaucoup plus puissant » que celui de Kim Jong-un.

7. 22 septembre : Trump part en guerre contre les joueurs de la NFL

Le président s’en prend aux joueurs de la Ligue nationale de football américain (NFL) qui mettent un genou à terre pendant l’hymne national, un geste popularisé par le quart-arrière des 49ers de San Francisco Colin Kaepernick pour protester contre le racisme de la société américaine et la brutalité policière.

Le président soutient qu’il s’agit d’un manque de respect pour le drapeau américain et suggère à la NFL de renvoyer ces joueurs.

« Quand des joueurs manquent de respect à notre drapeau, n'aimeriez-vous pas voir les propriétaires virer ces fils de pute du terrain? Virés! », a-t-il déclaré.

Toutefois, les insultes de M. Trump ont plutôt poussé d’autres joueurs, des entraîneurs, des propriétaires et des commanditaires à montrer leur solidarité avec ces joueurs et à souligner l’importance du droit à la liberté d’expression.

Le président a continué de récriminer les joueurs et la NFL à plusieurs reprises au cours de l'automne.

8. 5 septembre : La fin du programme des Dreamers

L'administration Trump annonce la fin du programme que Barack Obama avait créé en 2012 pour régulariser la situation des migrants illégaux arrivés aux États-Unis quand ils étaient enfants.

Le programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) offrait, pour une période renouvelable de deux ans, un statut légal, un permis de travail et d'autres avantages, dont l'accès au programme de sécurité sociale, à près de 700 000 personnes.

Tous ceux dont les permis de travail viennent à échéance à compter du 5 mars seront dorénavant considérés comme étant aux États-Unis sans permission, et pourront être expulsés du pays.

Mais Trump souhaite-t-il vraiment expulser les Dreamers ou s’en sert-il plutôt comme monnaie d’échange pour négocier avec les démocrates le financement du mur avec le Mexique?

9. 13 octobre : Donald Trump durcit le ton envers l’Iran

Depuis que l'entente sur le nucléaire iranien est entrée en vigueur, en janvier 2016, le président américain doit « certifier » tous les trois mois auprès du Congrès que l’Iran en respecte les règles. M. Trump l’a déjà fait en avril et en juillet.

Mais il a refusé de le faire pour une troisième fois, soutenant que Téhéran ne respectait pas « l'esprit » de l'accord tout en continuant d’être une force déstabilisatrice au Moyen-Orient.

« Nous ne continuerons pas sur cette voie, dont la conclusion prévisible sera plus de violence et de terreur, et la menace réelle d'une percée nucléaire de l'Iran », a déclaré le président Trump.

Il a sommé le Congrès de corriger les « nombreuses lacunes sérieuses » de l’accord.

Parmi celles-ci, le président cite des « clauses crépusculaires » qui élimineront certaines dispositions clés de l'accord, le suivi « insuffisant » qui en est fait et l'absence de dispositions concernant le programme de missiles balistiques intercontinentaux de l'Iran.

L’accord conclu entre les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Iran vise à empêcher ce dernier de se doter de la bombe atomique. Il lève certaines sanctions contre le régime iranien pourvu que celui-ci garantisse le caractère pacifique de son programme nucléaire.

10. 30 octobre : accusations contre des proches de M. Trump dans l’enquête sur la Russie

Après plusieurs mois d’enquête, l'enquêteur spécial Robert Mueller, chargé de faire la lumière sur la possible ingérence de la Russie lors de la présidentielle américaine, accuse l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, et un de ses associés, Rick Gates, d'avoir comploté contre les États-Unis, d'avoir omis de se déclarer en tant qu'agents d'un pays étranger, d'avoir fait de fausses déclarations et d'avoir omis de déclarer des comptes bancaires et financiers à l'étranger, entre autres.

Un troisième conseiller de Donald Trump pendant la campagne présidentielle, George Papadopoulous, a plaidé coupable à des accusations de fausses déclarations à des agents du FBI.

L’ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a, quant à lui, été accusé d'avoir menti au FBI au sujet de conversations qu'il a eues avec l'ex-ambassadeur russe Sergueï Kislyak.

En mai, M. Trump avait causé l’émoi en renvoyant le directeur du FBI, James Comey, qui enquêtait sur les liens entre l'équipe de campagne de M. Trump et la Russie. Le département de la Justice l’avait remplacé par M. Mueller.

Le président, qui n'a pas été incriminé, se défend de toute compromission et dénonce une « chasse aux sorcières ».

11. 8 novembre : Défaite républicaine aux élections locales

Le Parti républicain a essuyé des défaites lors d'élections dans plusieurs États. En Virginie et au New Jersey, des gouverneurs démocrates ont été portés au pouvoir. Les démocrates ont aussi remporté plusieurs postes de délégués locaux et de maires.

Le second camouflet est venu un mois plus tard, lorsque le démocrate Doug Jones a été élu sénateur de l’Alabama le 12 décembre.

La défaite de l’ultraconservateur Roy Moore constitue un cuisant revers pour Donald Trump, qui avait appelé ses partisans à l'appuyer. Plusieurs autres ténors du Parti républicain ont refusé de faire de même, étant donné les allégations d'inconduites sexuelles portées contre M. Moore par plusieurs femmes.

Cette victoire fragilise les républicains au Sénat et soulève des questions sur l'influence du président Trump.

12. 6 décembre : Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël

Rompant avec plus de 60 ans de diplomatie américaine, mais fidèle à sa promesse de campagne, Donald Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël, provoquant l’ire des Palestiniens et des États arabes, qui y voient un clou dans le cercueil du processus de paix.

Cette décision a provoqué des manifestations au cours desquelles au moins huit Palestiniens ont été tués et des centaines d'autres ont été blessés par les forces israéliennes. Des dizaines d’autres Palestiniens ont été arrêtés.

Du côté de l’ONU, l’Assemblée générale a adopté une résolution condamnant cette reconnaissance, tandis que les États-Unis ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité appelant le président américain à revenir sur sa décision.

Cette défiance a attisé la colère des Américains. C’est « une insulte et un camouflet que nous n'oublierons pas », a affirmé Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis à l'ONU.

13. 22 décembre : Adoption de la réforme fiscale républicaine

Avant de partir en vacances, le président américain a signé la loi sur la réforme de la fiscalité, adoptée quelques jours plus tôt par la Chambre des représentants et le Sénat. Il s’agit de sa première victoire législative depuis le début de son mandat et elle apporte un certain baume face à l’impossibilité d’abroger l’Obamacare pour le moment.

Selon la Maison-Blanche, cette nouvelle fiscalité, même si elle sera très coûteuse pour l’État, devrait stimuler significativement la croissance économique et l’emploi.

Pour les démocrates, qui se sont fortement opposés au texte, il s’agit plutôt d’un cadeau fiscal consenti aux plus riches et aux entreprises.

La réforme de la fiscalité, la plus importante entreprise aux États-Unis depuis 30 ans, visait également à simplifier le code des impôts, devenu, au fils des ans, extrêmement complexe. Elle est cependant peu populaire auprès des Américains.

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