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La présence militaire américaine dérange à Okinawa

Pour des milliers de Japonais, la présence américaine à Okinawa a assez duré. 

Des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche sur l'île pour protester contre l'armée américaine - une grogne qui, sans être née hier, a été alimentée récemment par deux incidents concernant des soldats américains. L'un d'eux a été inculpé pour meurtre, l'autre pour avoir été impliqué dans un accident alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool.

Selon les organisateurs, 65 000 personnes se sont déplacées. La manifestation a débuté à 14 h, heure locale, par une minute de silence pour la jeune Rina Shimabukuro, 20 ans, violée et assassinée fin avril.

Une autre manifestation de 3000 personnes s'est tenue en simultané devant le parlement à Tokyo. La présence américaine « n'est pas seulement un problème pour Okinawa, c'est un problème pour tout le Japon », entendait-on dans les haut-parleurs

Déménagement contesté

L'autre objectif des manifestations consiste à stopper le projet de déménagement de la base militaire de Futenma, située actuellement en centre urbain, vers une région littorale moins peuplée.

Cette idée de déménagement avait fait surface en 1995 après qu'une petite fille de 12 ans eut été enlevée et violée par trois militaires américains.

Depuis, la bataille politique se poursuit. Le gouverneur de l'île, Takeshi Onaga, réclame sa disparition pure et simple, tandis que le premier ministre japonais, Shinzo Abe, croit qu'il s'agit de la « meilleure et unique solution ».

Après la Seconde Guerre mondiale, qui a notamment opposé les États-Unis au Japon, les troupes américaines ont continué d'occuper l'île pendant 27 ans. Ce n'est qu'en 1972 que Washington a rétrocédé Okinawa au Japon, tout en y maintenant des bases.

Près de la moitié des 47 000 soldats américains présents au Japon sont basés à Okinawa. L'emplacement de l'île est jugé stratégique pour les forces américaines en Asie.

En visite officielle au Japon le 25 mai, juste avant que ne débute le sommet du G7, le président américain Barack Obama avait exprimé de « profonds regrets » à la suite de la mort de la jeune Rina Shimabukuro. Shinzo Abe lui avait quant à lui demandé un meilleur encadrement des troupes américaines.

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