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La procureure générale du Venezuela évincée par l'Assemblée constituante

L'Assemblée constituante du Venezuela a unanimement choisi d'évincer la procureure générale, Luisa Ortega Diaz, du pays et de la remplacer par un partisan du gouvernement de Nicolas Maduro.

Lors de la tenue du vote, les délégués ont lancé : « Traître! », « La justice a été faite! ».

Tarek William Saab, qui occupait jusque-là le poste d'ombudsman, lui succédera.

Plus tôt samedi, les forces de sécurité avaient entouré le bureau de la procureure générale, une proche de l'ancien président Chavez qui a rompu avec le régime.

Luisa Ortega Diaz avait dénoncé un « siège » sur Twitter, publiant des photos où l'on peut apercevoir plusieurs dizaines de gardes nationaux en tenue antiémeute devant son bureau, à Caracas. L'accès à l'immeuble où se trouve son quartier général avait été complètement bloqué.

La procureure, qui ne se trouvait pas dans le bâtiment, affirme que les gardes l'ont poussée pour l'empêcher d'y accéder.

La direction de l'Organisation des États américains (OEA) a décrié une « violation flagrante » de l'indépendance institutionnelle de la procureure.

Jeudi, Mme Ortega Diaz avait demandé aux tribunaux de bloquer la mise en place de l'Assemblée constituante. Elle a été déboutée dès le lendemain.

L'Assemblée s'était engagée à agir rapidement pour contrecarrer les opposants du président Nicolas Maduro, alors que ses membres se réunissaient pour une deuxième fois samedi.

« Ne pensez pas que nous allons attendre des semaines, des mois ou des années, avait lancé la veille Delcy Rodriguez, après avoir été élue à l'unanimité présidente de l'instance de 545 délégués.

« Demain, nous commençons à agir. Les fascistes violents, ceux qui mènent une guerre économique contre le peuple et ceux qui mènent une guerre psychologique, la justice vous rattrapera », a-t-elle ajouté.

La procureure générale avait ordonné la tenue d'une enquête sur le possible truquage du scrutin du 30 septembre. Le chef de la direction de Smartmatic avait signalé mercredi que les résultats enregistrés par son entreprise et ceux rapportés par le Conseil électoral national présentaient un écart d'au moins un million de voix.

L'Assemblée constituante a été instaurée malgré les virulentes critiques de l'opposition, des États-Unis et d'autres pays qui craignent que l'instance ne tienne lieu d'outil pour imposer une dictature. Ses partisans objectent qu'elle rétablira la paix au pays, secoué depuis des mois par des manifestations qui ont fait au moins 120 morts. Le président Maduro s'est engagé à ce que la révision de la constitution retire aux législateurs de l'opposition leur immunité judiciaire.

Dans les derniers jours, plusieurs militants de l'opposition ont été emprisonnés; d'autres chercheraient à s'exiler.

Samedi, les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays d'Amérique du Sud ont suspendu le Venezuela de la zone de libre-échange Mercosur pour avoir enfreint ses normes démocratiques.

Seulement quelques centaines de protestataires ont manifesté la veille - un des plus faibles niveaux de participation depuis des mois.

L'Assemblée constituante est formée de délégués issus de divers secteurs progouvernementaux, dont des syndicalistes, des étudiants et même des personnes handicapées. On s'attend toutefois à ce que des loyalistes notoires déterminent le programme de l'Assemblée, dont la femme et le fils du président, de même que plusieurs ministres qui ont remis leur démission pour y siéger.

Elle aura de vastes pouvoirs, lui permettant de mettre la hache dans des institutions et, en théorie, d'écarter M. Maduro du pouvoir. Une de ses premières tâches pourrait être de fermer le Congrès, contrôlé par l'opposition.

 

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