Retour

La « provocation » nucléaire nord-coréenne vivement dénoncée, entre autres par le Canada

Le premier ministre Justin Trudeau s'est joint à de nombreux dirigeants mondiaux pour condamner avec force le nouvel essai nucléaire que la Corée du Nord a affirmé avoir mené vendredi. Pyongyang s'est dit désormais capable de monter des ogives nucléaires sur des missiles balistiques.

Ce cinquième essai nucléaire, plus puissant que l'explosion de la bombe larguée sur Hiroshima en 1945, a été qualifié de « provocation » par les grandes puissances, qui ont promis des « conséquences ».

M. Trudeau a mentionné qu'il s'agissait d'une « violation inacceptable » des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a d'ailleurs durci les sanctions contre Pyongyang en janvier dernier après un précédent essai nucléaire.

« Le Canada condamne dans les termes les plus forts la détonation par la Corée du Nord d'une ogive nucléaire », a déclaré le ministre fédéral des Affaires étrangères, Stéphane Dion, par voie de communiqué. « Nous appelons la Corée du Nord à se conformer à ses obligations internationales, [à] prendre des mesures concrètes en vue d'une dénucléarisation puis [à] se réengager dans des négociations constructives pour trouver une solution pacifique. »

Le ministre a d'ailleurs exprimé son appui à la Corée du Sud et au Japon, ajoutant que le Canada « examinera les [possibilités] d'actions futures, de concert avec la communauté internationale, pour répondre au comportement de la Corée du Nord ».

Une « claire violation »

Le Conseil de sécurité a qualifié l'essai nucléaire de vendredi de « claire violation, au flagrant mépris » de ses précédentes résolutions et du régime mondial de non-prolifération nucléaire.

À l'issue d'une réunion, l'organisation a fermement condamné l'essai nucléaire et a annoncé qu'elle adopterait une résolution en conséquence.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont invité les quinze membres du Conseil de sécurité à adopter de nouvelles sanctions.

« La Corée du Nord cherche à perfectionner ses armes nucléaires et leurs lanceurs afin de tenir en otage la région et le monde, sous la menace d'une frappe nucléaire », a jugé la représentante américaine aux Nations Unies, Samantha Power.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a « condamné de la manière la plus ferme possible » cette « provocation » et a appelé le Conseil de sécurité à « rester uni et à agir de manière appropriée ».

La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, estime que cet essai mené au mépris des résolutions du Conseil de sécurité et de la communauté internationale témoigne de « l'inconscience maniaque » du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un.

De son côté, Barack Obama a promis que cette provocation aurait de graves conséquences. Le président américain, qui se trouvait à bord d'Air Force One pour rentrer aux États-Unis après le sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) au Laos, s'est entretenu avec son homologue sud-coréenne et avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui juge intolérable l'essai nucléaire nord-coréen.

La France a également condamné Pyongyang avec force et a appelé la communauté internationale à s'unir.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et son homologue sud-coréen, Yun Byung-se, « ont marqué leur attachement commun à ce que cette nouvelle provocation ne reste pas sans conséquence, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré un porte-parole au terme d'un entretien entre les deux hommes.

Pékin parle d'un test « malavisé »

La Chine, seule alliée de la Corée du Nord, s'est montrée plus prudente, jugeant le test « malavisé ».

Elle appelle en même temps ses partenaires internationaux à la prudence, tout en critiquant une nouvelle fois la décision de la Corée du Sud de déployer un système antimissile américain perfectionné qui a, selon Pékin, gravement porté atteinte à l'équilibre stratégique dans la région.

Les instituts sismologiques européen, chinois et américain ont détecté une secousse vendredi à 8 h 30, heure locale. L'institut géologique américain USGS a mesuré une secousse sismique d'une magnitude de 5,3.

Politique de sanctions dans l'impasse

Selon l'agence de presse nord-coréenne (KCNA), il s'agissait bien d'un essai nucléaire mené avec une tête miniaturisée, ce qui a permis aux autorités de s'assurer qu'elles ont la capacité d'équiper un missile balistique avec une ogive nucléaire.

Pyongyang a testé de tels missiles lundi pendant que les dirigeants des grandes puissances étaient réunis en Chine pour le sommet du G20.

KCNA assure qu'aucune fuite radioactive n'a été détectée et que l'essai n'a eu aucun impact sur l'environnement.

Cet essai constitue une riposte aux menaces et aux sanctions émanant d'éléments hostiles, notamment les États-Unis, ajoute l'agence.

La Corée du Nord va poursuivre son programme et est désormais en mesure de produire « autant de têtes nucléaires qu'elle le voudra, plus petites, légères et variées, et avec une plus grande puissance », affirme KCNA.

La Corée du Sud et le Japon sont en première ligne face aux activités nord-coréennes. À Séoul, le gouvernement a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité nationale, tandis que la ministre japonaise de la Défense, Tomomi Inada, juge que Pyongyang fait peser une grave menace sur la sécurité de son pays.

Mais au-delà des réactions indignées, ces pays ne semblent pas avoir beaucoup de moyens de pression sur Pyongyang, notent les experts.

« Des sanctions ont déjà été imposées dans pratiquement tous les domaines, donc cette politique est dans l'impasse », souligne Tadashi Kimiya, professeur de l'Université de Tokyo spécialisé dans les affaires coréennes.

Pas une surprise

Le Japon a dépêché des avions militaires pour déceler de possibles radiations après le test présumé, a appris Reuters de deux sources au sein des forces d'autodéfense du pays. Trois bombardiers T-4, d'habitude utilisés pour entraîner les pilotes, ont été déployés.

Le ministère chinois de l'Environnement a de son côté lancé en urgence des mesures de surveillance des radiations le long de sa frontière avec le pays, selon la télévision nationale.

D'après les calculs de Jeffrey Lewis, du Middlebury Institute of International Studies, en Californie, la magnitude de la secousse laisse à penser que l'essai nucléaire était le plus puissant jamais mené par la Corée du Nord.

Selon lui, sa puissance explosive pourrait avoir atteint de 20 à 30 kilotonnes, contre 6 kilotonnes pour le précédent essai, en janvier dernier, et de 12 à 15 kilotonnes pour la bombe atomique d'Hiroshima.

L'agence sismologique sud-coréenne a pour sa part mesuré une énergie près de deux fois plus importante que lors de l'essai de janvier et a évalué la puissance de l'explosion à 10 kilotonnes.

Le nouvel essai nord-coréen n'est pas une surprise.

Il y a deux mois, des images satellites américaines avaient fait état d'une forte activité sur le site atomique de Punggye-ri, et les experts s'attendaient à une réaction de la Corée du Nord après que son dirigeant, Kim Jong-un, eut été placé sur une liste noire américaine pour violation des droits de l'homme, le 6 juillet.

Pyongyang a choisi pour cela une date symbolique, puisque la République populaire démocratique de Corée fêtait vendredi le 68e anniversaire de sa fondation, le 9 septembre 1948.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Toute la vérité sur la Vierge





Concours!



Rabais de la semaine