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La réalité a-t-elle déjà rattrapé les promesses de Donald Trump?

Donald Trump occupe la Maison-Blanche depuis maintenant une semaine. Une première semaine complète de travail pour un président dont l'entrée en fonction a suscité beaucoup de craintes. Regard sur ces premiers jours et sur ce qu'ils indiquent pour la suite de l'ère Trump.

Un texte de Yanik Dumont Baron

La première semaine a été bien occupée pour le président Donald Trump : entretiens avec des dirigeants d'autres pays, rencontres avec des groupes d'intérêts, réunions de stratégie avec les élus du Congrès.

Le président a aussi signé plusieurs décrets : la méthode la plus directe pour changer le cours des choses aux États-Unis.

Quelques heures à peine après avoir prêté serment, Donald Trump a signé son premier décret présidentiel. Il visait à abolir la réforme de la santé, l’Obamacare. Un geste symbolique, destiné à rassurer une partie des gens qui l'ont appuyé lors de sa campagne électorale.

Dans les jours suivants, il en a signé d'autres, touchant surtout l'immigration illégale et le commerce international. En quelques jours, il a annoncé le retrait des États-Unis du Partenariat Transpacifique et a donné un feu vert aux projets de pipelines Keystone XL et Dakota Access.

Un tourbillon d'activités qui donne l'image d'un président actif, déterminé. Une belle image, certes, mais qui risque fort de ne pas cadrer avec la réalité.

Le problème, c'est que les fameux décrets que le président a signés sont moins solides qu'il ne le laisse entendre. C’est comme si les paroles du candidat Trump avaient frappé de plein fouet le mur de la réalité gouvernementale.

Le décret pour entreprendre la construction du mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique est un bon exemple. Donald Trump laisse aux élus du Congrès le soin de trouver jusqu'à 15 milliards de dollars pour remplir cette promesse. Un exercice complexe, rendu encore plus périlleux par le froid diplomatique avec le Mexique. Ce controversé mur sera-t-il vraiment construit s'il n'y a que les Américains pour en payer la facture?

D'ailleurs, ces tensions avec le Mexique pourraient compliquer les discussions lors de la renégociation de l'accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Or, c'est justement un autre des premiers gestes du président Trump : il a signalé son désir d'obtenir des conditions commerciales plus favorables pour les travailleurs américains.

L'ordre de retirer des fonds fédéraux aux villes qui n'aident pas les autorités fédérales à expulser les sans-papiers pourrait ne jamais être appliqué parce qu'il n'est peut-être pas constitutionnel.

L'obligation d'acheter de l'acier américain pour construire un oléoduc aux États-Unis est séduisante pour les travailleurs américains, mais elle pourrait ne jamais être appliquée parce qu'elle semble contrevenir aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Par contre, cette obligation d'utiliser l'acier américain donne un aperçu du fonctionnement de la Maison-Blanche sous la présidence de Trump. Le président s'apprêtait à signer un décret sans cette obligation. Il a hésité, puis a demandé à ce qu'on rajoute cette clause au document. En racontant l'anecdote, le président a laissé entendre que le personnel compétent n'avait pas été consulté sur la pertinence ou la légalité de cet ajout.

Bien sûr, il faudra du temps pour mesurer l'écart entre les promesses de Donald Trump et la réalité.

L'appel à éliminer et à remplacer l'Obamacare peut servir de guide : le président parle d'agir rapidement, les élus républicains semblent plutôt vouloir réduire les attentes et prêchent la patience.

En attendant, il est aussi intéressant de se souvenir du sort de l'un des premiers décrets signés par Barack Obama en 2009. Il voulait que soit fermée la prison de Guantanamo, à Cuba. Huit ans plus tard, il a quitté la Maison-Blanche, et la prison est toujours ouverte.

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