Répliquant aux dernières sanctions américaines imposées contre elle, la Russie adopte à son tour des mesures contre les États-Unis.

Le Kremlin a notamment annoncé son intention d’imposer une réduction du personnel diplomatique américain sur son territoire.

La mission américaine à Moscou devra ainsi réduire ses effectifs de 455 personnes d’ici au 1er septembre.

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que cette réduction revenait à ramener le personnel des représentations diplomatiques américaines au même niveau que celui du personnel des représentations russes aux États-Unis.

Le ministère russe a aussi indiqué que les nouvelles sanctions votées par le Sénat américain étaient contre le droit international et confirmaient « l’extrême agressivité des États-Unis dans les affaires internationales ».

Sanctions américaines

Deux jours après la Chambre des représentants, le Sénat a adopté jeudi à la quasi-unanimité (98 contre 2) un projet de loi visant à condamner la Russie pour son implication dans le piratage de l’élection présidentielle de novembre.

En décembre, l’administration de Barack Obama avait déjà expulsé 35 diplomates russes et fermé deux centres russes pour les mêmes raisons.

À l’époque, Vladimir Poutine n’avait pas répliqué puisqu’il attendait de voir ce que ferait la nouvelle administration de Donald Trump, entrée en fonction le 20 janvier.

Même si le texte du Sénat doit maintenant être entériné par Donald Trump, la Russie n’a pas attendu avant d’annoncer ses mesures de représailles.

Le président américain peut imposer son veto pour bloquer le projet du Congrès, mais ce serait une solution à court terme.

Il suffirait en effet de revoter le texte à une majorité des deux tiers pour surmonter la décision du chef de l'État et, en général, les présidents évitent cette humiliation.

De plus, le texte voté par les élus américains assure un mécanisme inédit qui permet aux parlementaires le droit de s’interposer si jamais Donald Trump décidait de suspendre des sanctions existantes contre la Russie.

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Les nouvelles sanctions américaines visent aussi à punir la Russie en raison de l’annexion en 2014 de la Crimée.

Le président ukrainien Petro Porochenko a d’ailleurs félicité le vote du Sénat américain, qui marque selon lui un soutien face à l’« agresseur » russe.

Le projet de loi a toutefois essuyé des critiques de la part de l’Union européenne, puisqu’il risque d’affecter les entreprises européennes et, à long terme, ses approvisionnements en gaz russe.

Sans compter que ces nouvelles sanctions unilatérales américaines fissurent également l’unité affichée entre les États-Unis et l’Union européenne face à Moscou, quant à l’annexion de la Crimée.

Jusqu’à présent, les sanctions imposées à la Russie en raison de l’annexion de cette presqu’île ukrainienne étaient coordonnées des deux côtés de l’Atlantique, de façon à faire bloc.

Sanctions contre l'Iran et la Corée du Nord

Les élus américains ont aussi sanctionné l’Iran et la Corée du Nord, au mécontentement de la Chine.

Des entreprises chinoises installées dans les pays visés, particulièrement en Corée du Nord, dont Pékin reste le principal allié économique et politique, pourraient subir les conséquences des sanctions proposées.

« Nous avons pris note que la Russie mais également des pays européens ont réagi vivement. De son côté, la Chine a toujours maintenu que les différends entre pays doivent être résolus par la négociation », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

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