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La Russie s'apprête à décriminaliser la violence domestique

Les députés russes ont voté à 85 % en faveur d'un projet de loi visant à alléger les peines associées à la violence domestique. Malgré une forte opposition des défenseurs des droits de la personne, tout porte à croire que le texte sera adopté dans les prochains jours.

Le projet de loi en question propose de considérer certaines formes de violence domestique comme des « offenses administratives ». Si le projet de loi est adopté, un geste commis au sein d’une même famille, soit envers un conjoint ou un enfant, n’ayant pas eu de précédent et n’ayant pas causé de blessure physique grave sera passible d’une amende de 30 000 roubles (500 $) ou 15 jours de prison.

La loi actuelle prévoit plutôt une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d’emprisonnement pour les gestes de violence domestique.

La sénatrice Elena Mizoulina, qui fait partie des auteurs de la loi, soutient que cette nouvelle loi permettra de « préserver les valeurs traditionnelles familiales », affirme Le Monde. Connue pour ses positions conservatrices, Mme Mizoulina est également l’auteure de la loi très controversée contre la « propagande gaie ».

Le projet de loi a été voté mercredi 25 janvier en deuxième lecture par les députés de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Un amendement proposé par les députés communistes afin d’exclure de la nouvelle loi la violence à l’encontre des enfants et des femmes enceintes a été rejeté.

Un « pas en arrière »

Surnommée « la loi des gifles », la législation soulève l’indignation des défenseurs des droits de la personne.

Des organismes comme Human Rights Watch et Amnistie internationale ont déjà dénoncé l’initiative du Parlement russe. Une pétition appelant à la rédaction d’une nouvelle loi portant sur la violence domestique a été lancée sur le site Change.org et a déjà obtenu plus de 230 000 signatures.

La militante Svetlana Aïvazova, membre du conseil des droits de l’homme au Kremlin, croit que cette loi représente un pas en arrière pour les femmes.

La jeune femme rappelle que 40 % des crimes violents graves et 25 % des meurtres sont commis en milieu familial, selon les données du ministère de l’Intérieur russe. Dans la plupart des cas, les victimes sont des femmes ou de jeunes enfants. En entrevue avec le New York Times, Aïvazova déplore que le gouvernement considère la violence comme un élément naturel de la vie familiale.

Les premiers défenseurs de la loi sont les députés conservateurs ainsi que l’Église orthodoxe russe. Le Kremlin a également dit soutenir la loi, son porte-parole Dmitri Peskov affirmant à la presse que « bâtir des familles fortes est une priorité ».

Le texte de loi doit encore être approuvé en troisième lecture, puis adopté par les sénateurs en chambre haute. Cette dernière étape, considérée comme une simple formalité, est prévue pour vendredi 27 janvier.

La nouvelle loi pourra ensuite être entérinée par le président russe Vladimir Poutine.

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