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La Suède craint que les homards nord-américains envahissent ses eaux

La Suède veut interdire l'importation de homards vivants nord-américains en Europe de crainte d'une invasion sous-marine de ce crustacé au large du vieux continent, un peu comme le crabe vert européen est venu envahir les eaux de plusieurs provinces de l'Atlantique.

Le secrétaire d'État pour le ministère de l'Environnement de la Suède, Gunvor Ericson, a déclaré à CBC News qu'une trentaine de homards américains ont été trouvés sur la côte ouest de son pays au cours des dernières années.

Les Suédois craignent que les homards américains menacent les espèces locales et le gouvernement suédois demande donc à l'Union européenne d'interdire leur importation.

Un magasin suédois qui vend des équipements de pêche offre de l'information aux pêcheurs locaux afin qu'ils puissent plus facilement identifier les homards d'outre-Atlantique.

Anders Wall, qui travaille dans ce magasin, explique que la plus grande inquiétude est que le homard américain se reproduise plus rapidement que son cousin le homard européen.

Une invasion remise en question

En Nouvelle-Écosse, le directeur exécutif du Conseil canadien pour le homard, Geoff Irvine, doute que la découverte de quelques dizaines de homards américains au large de l'Europe soit une menace réelle.

« Ils ont trouvé 32 homards en 7 ans, dit-il. Nous doutons que cela constitue une invasion. »

M. Irvine a entendu parler de la demande de la Suède il y a quelques semaines et, depuis, il multiplie les rencontres avec des représentants de l'industrie.

« C'est très important, affirme-t-il. Notre réaction à la situation se fait à plusieurs niveaux, autant au Canada qu'aux États-Unis. »

Il ajoute que des responsables du ministère des Pêches et Océans, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, et d'Environnement Canada examinent la demande présentée par la Suède.

Une présence mystérieuse

L'arrivée des homards américains dans les eaux suédoises n'a pas encore été expliquée. Ces homards sont incapables de parcourir une telle distance par leurs propres moyens, affirme Gilles Thériault consultant en pêche pour la firme néo-brunswickoise GTA Fisheries Consultants.

« Ce qui est possible, c'est que des individus ont acheté des homards vivants et que, plutôt que de les manger, ont tenté une expérience bizarre et les ont relâchés en mer, ce qui est très sérieux », note M. Thériault.

Actuellement, 12,8 % du homard néo-écossais est envoyé dans des pays de l'Union européenne. Des exportations d'une valeur de 114 577 000 $ en 2015.

« L'impact sera considérable si nous en arrivons [à une interdiction] », affirme Gilles Thériault. « Nous en sommes encore loin, mais nous devons être conscients de ce qui se passe, de prendre le tout au sérieux et nous préparer à intervenir rapidement. »

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