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La Syrie : premier test de Trump en politique étrangère

Donald Trump a été très clair durant le discours qu'il a prononcé lors de sa cérémonie d'assermentation, le 20 janvier dernier, à Washington : « Les États-Unis passeront en premier ». Il l'a souvent répété : « Je ne serai pas le président du monde, mais celui des États-Unis ».

Une analyse de Christian Latreille

Cependant, après plus de deux mois au pouvoir, le nouveau président constate que les problèmes du monde atterrissent rapidement sur le balcon de la Maison-Blanche. Et celui de la guerre civile en Syrie est venu le secouer violemment cette semaine.

Donald Trump a prononcé, mercredi, des phrases étonnantes et des mots très forts pour dénoncer cette attaque barbare à l’arme chimique du président Bachar Al-Assad sur des femmes, des enfants et des nouveau-nés.

« Mon attitude a maintenant changé vis-à-vis du régime Assad », a lancé le président des États-Unis. Mais qu’est-ce qu’il a voulu dire exactement?

Donald Trump est un homme en général difficile à déchiffrer, et à plus forte raison en matière de politique étrangère, où il n’a encore aucune expérience.

Mercredi, sur le parterre de la Maison-Blanche, le nouveau président donnait l’impression de réfléchir à une intervention en Syrie pour mettre fin à cette guerre civile longue de 6 ans, et déloger le dictateur Bachar Al-Assad.

Une lutte à finir avec le groupe armé État islamique

Une attaque américaine en Syrie permettrait au président Trump de se démarquer de l’administration Obama, d’établir sa présidence sur la scène internationale, de s’éloigner de la Russie et, surtout, de détourner l’attention de ses problèmes domestiques.

En intervenant en Syrie, à l’aide de troupes au sol, les Américains s’engageraient aussi dans une lutte sans merci avec les terroristes du groupe Daech.

Par contre, faire entrer les États-Unis dans un autre conflit armé au Proche-Orient comporte des risques incalculables.

Parlez-en à George W. Bush à qui plusieurs reprochent encore son intervention en Irak en 2003.

Une population divisée

Les généraux savent quand commencent ces guerres, mais la date de sortie est rarement inscrite dans les livres de stratégie militaire.

Les États-Unis ont-ils vraiment les moyens de s’enliser seuls dans un long conflit en Syrie? La population est divisée sur la présence de troupes au sol, mais appuie les bombardements aériens et les forces spéciales qui s’y trouvent déjà.

Le président Trump aurait de la difficulté à réunir une large coalition sous l’égide de l’ONU pour intervenir en Syrie comme ce fut le cas lors la première guerre contre l’Irak, au début des années 90.

Et l’OTAN dans tout ça? Une intervention des forces de l’OTAN sous commandement américain mènerait directement à une confrontation avec la Russie et l’Iran, qui soutiennent Al-Assad.

Bref, un énorme casse-tête pour le président Donald Trump et ses généraux. Toutes les options sont sur la table. Le président des États-Unis pourrait maintenant choisir entre une action militaire limitée, une action d’envergure ou ne rien faire.

Dans tous les cas, il y aura un prix à payer pour l’administration Trump. Parlez-en à Barack Obama qui tous les jours se fait accuser, particulièrement par Trump, de ne pas être intervenu en Syrie.

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