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La Turquie a le droit de défendre son territoire, estime Barack Obama

La Turquie a le « droit de se défendre », plaide le président américain, Barack Obama. C'est « un coup de poignard dans le dos de la Russie », déplore de son côté son homologue russe Vladimir Poutine. L'incident au cours duquel l'aviation turque a abattu un chasseur russe provoque des tensions sur la scène internationale et les camps se définissent à coups de déclarations autour de l'accrochage survenu à la frontière turco-syrienne.

« La Turquie, comme tous les pays, a le droit de défendre son territoire et son espace aérien », a déclaré M. Obama au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français, François Hollande, à la Maison-Blanche. Un argument repris par le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

« Il est très important de nous assurer, à l'heure actuelle, que Russes et Turcs se parlent afin de découvrir précisément ce qui s'est produit et de prendre les mesures afin de prévenir toute forme d'escalade. »

De son côté, le président François Hollande a ménagé Russes et Américains: « Nous devons prévenir l'escalade, a-t-il déclaré. Elle serait extrêmement dommageable. »

Le président Hollande a précisé que l'armée française n'interviendrait pas au sol en Syrie, mais qu'elle soutiendrait les forces locales qui combattent le groupe armé État islamique (EI). M. Hollande a réitéré sa position sur la crise syrienne en réclamant le départ de Bachar Al-Assad. « La date [du départ d'Assad], je ne vous la donnerai pas [mais] elle doit être la plus rapide possible », a-t-il déclaré.

Le président Poutine a déploré un incident « aux conséquences graves » pour les relations entre son pays et la Turquie. Il a déploré le rôle d'Ankara dans le conflit syrien alléguant que d'importantes quantités de pétrole puisées en Syrie par les insurgés étaient écoulées par la Turquie.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a abondé dans le sens de MM. Obama et Hollande. Souhaitant la mise en place « de mesures urgentes pour apaiser les tensions », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric. M. Ban « espère qu'un examen crédible et complet de cet incident permettra de clarifier les événements et d'éviter qu'il ne se répète », a ajouté son porte-parole.

La Syrie dénonce une « agression flagrante »

De son côté, la Syrie a dénoncé une « agression flagrante » contre sa souveraineté. « Dans une agression flagrante contre la souveraineté syrienne, la partie turque a abattu ce matin un avion russe ami sur le territoire syrien, à son retour d'une mission de combat contre le groupe Daesh [acronyme arabe du groupe armé État islamique] », selon une source militaire citée par l'agence officielle Sana.

L'incident « démontre que le gouvernement turc se tient du côté du terrorisme et apporte son soutien aux groupes terroristes qui ont commencé à s'effondrer sous les coups de l'armée syrienne », a poursuivi la source militaire syrienne.

« Ces actes d'agression désespérés ne feront que renforcer notre détermination à poursuivre la guerre contre les organisations terroristes avec le soutien et l'aide des amis, avec la Russie à leur tête », a-t-elle ajouté.

Le régime syrien amalgame tous les rebelles qui combattent le régime du président Bachar Al-Assad aux djihadistes de l'EI comme étant des « terroristes ».

De l'autre côté de la frontière, le président turc a déploré les bombardements russes dans le nord de la Syrie. « Nous condamnons fermement l'intensification des attaques contre les Turkmènes », a déclaré M. Erdogan, rappelant que des Syriens turcophones combattent le régime de Bachar al-Assad dans le nord du pays.

« Dans ce secteur, il y a des Turkmènes, pas Daech [acronyme arabe du groupe armé État islamique] », a déclaré M. Erdogan. « Ces assauts ont pour but de maintenir en vie le régime d'Assad », a-t-il ajouté. « En tant que Turcs, nous avons toujours soutenu nos frères qui vivent dans cette région et nous continuerons de les soutenir », a affirmé M. Erdogan.

L'OTAN et l'Europe touchées

Les conséquences diplomatiques de l'incident aérien, survenu à la frontière entre la Syrie et la Turquie, commencent à se faire sentir. L'attaché militaire de l'ambassade de Turquie à Moscou a été convoqué au ministère russe de la Défense.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a, de son côté, annulé une visite qu'il devait effectuer en Turquie, mercredi. « Nous avons pris la décision d'annuler la rencontre prévue demain [mercredi] à Istanbul avec le ministre turc des Affaires étrangères », a déclaré M. Lavrov, selon des propos retransmis à la télévision, en invoquant la « menace terroriste croissante » en Turquie.

Outre les deux pays directement concernés, les répercussions de l'incident à la frontière turco-syrienne a des conséquences sur les pays membres de l'OTAN, dont fait partie la Turquie. Cette dernière a saisi l'alliance militaire du dossier, qui a de son côté convoqué une « séance extraordinaire » cet après-midi.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a qualifié l'incident et sa suite de « moment dangereux ». Il appelle les deux parties à « garder la tête froide ».

« En ce moment dangereux après qu'un avion russe a été abattu, nous devons tous garder la tête froide et rester calmes », a déclaré M. Tusk sur son compte Twitter.

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