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La ville de Sinjar dans le nord de l’Irak est libérée

Les peshmergas kurdes appuyés par l'aviation américaine ont repris vendredi la ville de Sindjar, dans le nord de l'Irak, infligeant en deux jours d'offensive un des revers les plus spectaculaires aux djihadistes de l'État islamique (EI).

Dans l'après-midi, a constaté une journaliste de l'agence Reuters, plusieurs centaines de combattants kurdes progressaient à pied dans la ville. Des commandants peshmergas ont dit redouter que des djihadistes se soient retranchés par endroits, mais aucun accrochage n'a été signalé.

« L'État islamique est vaincu et en déroute », a affirmé le conseil de sécurité du Kurdistan irakien sur son compte Twitter, précisant que l'hôpital de cette ville de même que des bâtiments publics avaient été sécurisés par les peshmergas.

Sindjar, qui était tombée aux mains des djihadistes lors de leur offensive éclair de l'été 2014, est considérée comme une ville stratégique pour l'EI, car située sur l'axe routier qui relie Mossoul et Raqqa, ses deux principaux bastions en Irak et en Syrie.

Sa prise pourrait accélérer les efforts déployés en Irak pour repousser l'organisation armée du calife autoproclamé Abou Bakr Al-Baghdadi de son fief de Mossoul, mais aussi de Ramadi, à l'ouest de Bagdad.

Elle confirme aussi que les Kurdes, tant en Irak qu'en Syrie, où ils ont progressé dans la région d'Hassaké, dans le nord-est, non loin de la frontière irakienne et de Sindjar, sont l'une des forces les plus efficaces dans la lutte contre l'EI.

« La libération de Sindjar aura un fort impact sur la libération de Mossoul », a affirmé le président du gouvernement régional du Kurdistan, Massoud Barzani, venu proclamer la reconquête de Sindjar.

Quelque 7500 combattants appartenant aux forces spéciales kurdes ainsi qu'à des unités peshmergas et des milices yézidies, communauté religieuse préislamique victime d'atrocités commises par l'EI dans la région de Sindjar, ont participé à l'offensive lancée jeudi.

Après avoir coupé les accès depuis l'est et l'ouest, ils sont entrés vendredi dans Sindjar, que la population semble avoir fui avant le début des combats.

D'après un porte-parole militaire américain, des conseillers de l'armée américaine ont assisté les commandants des peshmergas, mais se sont tenus très en retrait des combats.

Symbole des atrocités subies par les yézidies

Dans les jours précédant l'offensive, le nombre de combattants djihadistes chargés de défendre la ville aurait été porté à 600 environ, mais d'après le général kurde Seme Mala Mohammed, une poignée seulement d'entre eux étaient encore présents vendredi. Une information qui n'a pu être vérifiée. On ignore de même s'il s'agit d'un retrait tactique des djihadistes.

Les combattants kurdes ont parallèlement pris position sur l'autoroute 47, une voie de liaison essentielle entre Mossoul et Raqqa par laquelle l'État islamique fait transiter des armes, des hommes et différentes marchandises de contrebande pour financer ses activités.

Les États-Unis estiment que deux à quatre jours seront nécessaires pour sécuriser la ville, ainsi qu'une semaine supplémentaire pour achever les opérations de nettoyage, a indiqué un responsable américain.

À Tunis, le secrétaire d'État américain John Kerry a dit pour sa part que des combattants djihadistes étaient retranchés, mais s'est dit « absolument confiant dans le fait que Sindjar pourra être libérée dans les tout prochains jours ».

L'importance de Sindjar est également symbolique : c'est face aux persécutions subies par des milliers de membres de la communauté yézidie assassinés ou réduits en esclavage que Barack Obama, qui évoquait un « génocide », a ordonné en août 2014 les premières frappes aériennes américaines contre l'EI en Irak.

« En ce jour, j'annonce au peuple du Kurdistan la libération de Sindjar. Nous l'avions promis et nous avons tenu nos promesses : nous avons prouvé à nos frères et à nos soeurs yézidis que tout le Kurdistan est derrière eux. Aujourd'hui, nous avons vengé tous les Yazidis », a dit Massoud Barzani, s'exprimant depuis les hauteurs du mont Sindjar, qui dominent la ville et où plusieurs milliers de Yazidis avaient été encerclés et assiégés pendant des mois.

La contre-offensive sur Sindjar a été menée alors que les forces gouvernementales irakiennes poursuivent leur progression prudente autour de Ramadi, à 120 kilomètres à l'ouest de Bagdad, qu'ils tentent d'encercler depuis plusieurs mois.

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