Riyad et ses alliés ont exprimé mercredi leur « regret » après la « réponse négative » du Qatar face à leur liste de demandes pour mettre fin à cette crise inédite dans le Golfe.

L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'État de Bahreïn et l'Égypte ont jugé mercredi que la réponse de Doha faisait « preuve de négligence et de manque de sérieux [...] en ce qui concerne la révision de ses politiques et de ses pratiques ».

Cela « reflète un manque de compréhension de la gravité de la situation » de la part du Qatar, a souligné le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri, lisant un communiqué commun lors de la conférence de presse à l'issue d'une réunion avec ses homologues.

Les quatre ministres étaient réunis au Caire, en Égypte, pour discuter de leurs actions futures face au Qatar, qui avait lancé un appel au dialogue pour trouver une issue à la crise.

Le ministre égyptien a ajouté que ses trois homologues et lui-même s'étaient « mis d'accord pour suivre la situation et tenir leur prochaine réunion à Manama », la capitale du Bahreïn, à une date non précisée.

Il y a maintenant un mois que Riyad et ses alliés ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir le terrorisme et d’entretenir des relations trop étroites avec l’Iran, le grand rival de l’Arabie saoudite au Moyen-Orient.

Des sanctions économiques ont aussi été imposées au petit émirat riche en gaz, et Riyad a fermé la seule frontière terrestre du Qatar, qui s'est vu contraint de se tourner vers l'Iran et la Turquie pour importer des produits alimentaires par voies aériennes ou maritimes.

Pour mettre fin à cette crise inédite dans le Golfe, les quatre pays ont dressé une liste de 13 demandes que le Qatar devait remplir pour le 2 juillet, ultimatum qui a finalement été allongé de deux jours.

Ils réclament notamment la fermeture d’une base militaire turque et celle du réseau de télévision Al-Jazira, qu'ils jugent trop agressive, ainsi qu’une diminution des relations avec l’Iran.

Rejetant les accusations de terrorisme, le Qatar a répondu officiellement à ces demandes lundi, par l’entremise du Koweït qui assure le rôle de médiateur dans ce bras de fer.

Des demandes « irrecevables » selon Doha

À Londres, le chef de la diplomatie du Qatar, Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, a déclaré que son pays était prêt à « s’engager dans un processus de négociations, dans un cadre clair qui garantisse sa souveraineté ».

Cette intervention représente un changement de ton par rapport aux propos qu’il a tenus mardi, qualifiant la liste de 13 exigences d'« irréaliste et irrecevable ».

Cette liste « ne porte pas sur le terrorisme, elle appelle à mettre fin à la liberté d’expression », avait affirmé le diplomate.

Il avait alors accusé Riyad et ses alliés « d'exiger que nous abandonnions notre souveraineté pour lever le siège ».

Le Qatar, qui est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, a aussi annoncé mardi qu’il prévoyait une augmentation du tiers de sa production de gaz, faisant ainsi un pied de nez aux sanctions qui lui sont imposées.

Si ces derniers venaient à exercer des pressions pour empêcher un partenariat de Doha avec des compagnies internationales dans ce secteur, le Qatar procéderait seul à la hausse de sa production, a assuré le patron de Qatar Petroleum.

Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdallah ben Zayed Al-Nahyane a pour sa part jugé qu’il était « prématuré » d’envisager des mesures supplémentaires contre le Qatar dans l’éventualité où ce dernier refuserait de se conformer aux exigences.

Il a toutefois dit espérer que Doha, mis au ban depuis le 5 juin dernier, « suivra la voie de la sagesse », réitérant son accusation selon laquelle le pays a « autorisé, donné refuge et incité au terrorisme ».

La note de crédit du Qatar a par ailleurs été abaissée de « stable » à « négative » par l’agence de notation Moody’s, qui a souligné les « risques économiques et financiers découlant du différend » qui a « peu de chances d’être résolu rapidement ».

Le président américain Donald Trump, qui s’était d’abord rangé du côté de Riyad au début de la crise, a rappelé dimanche « l’importance de stopper le financement du terrorisme » et de « discréditer l’idéologie extrémiste ».

Les États-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres pays occidentaux ont néanmoins appelé les pays du Golfe à ouvrir un dialogue pour résoudre cette crise dans une région déjà secouée par de nombreux conflits.

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