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Le Brésil diffuse des images d’un homme qui a vécu 22 ans isolé dans la forêt

Au Brésil, l'agence gouvernementale responsable des dossiers liés aux peuples autochtones, la Fondation nationale de l'Indien, a relancé le débat sur la protection de la forêt amazonienne et des tribus isolées en diffusant des images d'un homme qui vivrait en solitaire depuis la mort de ses proches, il y a 22 ans.

Les images, tournées en 2011, montrent un homme aux cheveux longs jusqu'aux genoux et portant un pagne. Une équipe qui le suit affirme toutefois que la plus récente preuve de son existence remonte à mai dernier.

Altair Algayer, coordonnateur de l'équipe en question, mentionne que la Fondation hésitait à diffuser la vidéo, puisqu'il était impossible de demander le consentement de l'indigène.

M. Algayer estime toutefois que de telles images permettent de conscientiser la population à l'importance des obstacles que doivent surmonter ceux qui cherchent à demeurer éloignés de la civilisation occidentale.

Son de cloche similaire du côté de Fiona Watson, de l'organisme Survival International. Dans une entrevue accordée à l'émission As It Happens, au réseau CBC, celle-ci appuie la diffusion des images, puisque ces dernières remplissent un double mandat.

« Ce fut une très mauvaise année pour le ministre des Affaires indigènes, puisque le budget a été réduit », a-t-elle indiqué.

« Je crois qu'en diffusant ces images, cela montre d'abord que l'homme existe; il y a plusieurs personnes, entre autres des politiciens régionaux, qui espèrent mettre la main sur ses terres pour en tirer de l'argent. »

Selon Mme Watson, toutefois, la survie de l'homme peut être assurée, si le gouvernement continue de protéger son territoire.

Dernier de sa tribu

« Dans les années 1980, la colonisation désordonnée, la construction de fermes et la coupe d'arbres illégale dans l'État de Rondonia (nord-ouest) ont entraîné des attaques répétées contre les peuples indigènes isolés qui y vivaient jusqu'à maintenant, dans le cadre d'un processus constant d'expulsion de leurs terres et de mort », a de son côté fait savoir la Fondation par voie de communiqué.

L'agence estime que l'homme indigène, surnommé « l'Indien du trou » en raison de trous creusés pour la chasse, vit seul depuis qu'une attaque de fermiers, en 1995, a entraîné la mort des autres membres de son groupe de six personnes, le laissant comme seul survivant de sa tribu.

Pour Mme Watson, les attaques des fermiers, éleveurs et autres prospecteurs contre ces gens isolés, souvent en retenant les services d'hommes armés, sont carrément des actes « génocidaires ».

Le Brésil compte plusieurs peuples « isolés » dont les terres, comme la plupart de celles de groupes autochtones, sont de plus en plus menacées alors que la course aux ressources de l'Amazonie se poursuit.

L'an dernier, 71 personnes ont été tuées dans des conflits territoriaux, du jamais vu depuis 2003, selon la Commission des terres pastorales, qui surveille les actes de violence.

Altair Algayer et son équipe continuent de surveiller l'indigène à distance. Ils lui ont entre autres récemment laissé des outils et des semences, qui ont ensuite été utilisés pour assurer la subsistance de cet homme isolé de tout.

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