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Le brouillon du décret sur le retrait des États-Unis de l'ALENA divulgué

Le président américain Donald Trump aurait eu l'intention de transmettre au Canada et au Mexique un avis de cinq jours quant au retrait de son pays de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Le quotidien Financial Times a obtenu le brouillon d'un décret que le président Trump comptait signer samedi, avant qu'il ne consente finalement à la renégociation du traité.

Ce document accuse le Canada d’avoir « continué à exploiter les industries américaines du lait et du bois d’œuvre ».

Il avance que depuis son entrée en vigueur, en 1993, l’ALENA a entraîné « un transfert massif de richesse », la perte de 700 000 emplois et un déficit commercial de plus d’un trillion de dollars américains avec le Mexique.

Il tient également le traité responsable de « vagues » d’immigration illégale et de la fermeture de « dizaines de milliers d’usines et de manufactures » en sol américain.

Jeudi, Donald Trump avait expliqué avoir changé d’avis à la suite d’entretiens téléphoniques avec ses homologues canadien et mexicain, qu’il a dit apprécier.

Le décret brouillon plaçait la barre haut pour tout accord commercial, soutenant qu’un traité de libre-échange devait « stimuler la croissance économique des États-Unis, réduire le déficit commercial des États-Unis, faire grimper les salaires américains, maintenir l’intégrité des frontières américaines et renforcer les assises industrielles des secteurs manufacturiers et de la défense des États-Unis ».

« L’ALENA n’a rempli aucune de ces conditions », est-il précisé.

L’OMC dans la mire de la Maison-Blanche

Par ailleurs, Donald Trump a bien l’intention de signer samedi un nouveau décret ordonnant la révision « des violations et abus » des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux signés par les États-Unis, dont celui de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Lors d’un point de presse à la Maison-Blanche vendredi, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a précisé que d'ici six mois un rapport serait remis au président, portant sur « les accords eux-mêmes et non pas sur le comportement des pays ».

Ce rapport exposera « non seulement les problèmes, mais aussi les solutions », selon M. Ross, qui n’exclut pas « la possibilité d’amender » les règles de ces accords.

« Comme dans toute organisation multilatérale, il y a toujours le potentiel d’en modifier les règles », a prévenu M. Ross.

« Nous sommes l’importateur numéro un dans le monde entier »

Wilbur Ross a également déclaré que les États-Unis étaient le pays « le moins protectionniste » au monde, avant de citer la liste des pays avec lesquels Washington accuse des déficits commerciaux : la Chine au premier rang (347 milliards de dollars), suivie par le Japon (68,9 milliards), l’Allemagne (64,9 milliards) et le Mexique (63,2 milliards).

Il a indiqué que la large majorité des 164 pays membres de l’OMC exportait davantage qu’elle achetait aux États-Unis.

Le secrétaire au Commerce a aussi reproché à l’OMC de ne pas savoir gérer les barrières commerciales autres que l’imposition de droits de douane.

D’après lui, l’organisation est « très bureaucratique » et inefficace en matière de droits de propriété intellectuelle et d’économie numérique.

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