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Le Canada finance le sauvetage de 350 victimes de traite de personnes dans les Caraïbes

Une série de raids policiers dans 13 pays des Caraïbes et de l'Amérique du Sud ont permis de secourir près de 350 victimes de traite de personnes. Ces raids sont le fruit d'un programme financé par le gouvernement du Canada, qui incluait notamment la formation de policiers spécialisés dans ce type d'interventions, rapporte la BBC.

Baptisée Libertad, cette opération, coordonnée par Interpol, a permis de libérer des hommes, des femmes et des enfants qui avaient été forcés de travailler pour des entreprises dans ces régions.

« Au sein d'Interpol, chaque pays membre choisit un sujet qui lui est cher et offre des ressources afin de s'attaquer au problème, explique Justine Rhéaume-Laget, porte-parole d'Interpol, en entrevue avec Radio-Canada. La Norvège, par exemple, cible les crimes environnementaux, alors que le Canada a choisi la traite des personnes. »

Bien qu'aucun agent canadien n'était présent sur le terrain lors des arrestations, c'est grâce au soutien financier d'Affaires mondiales Canada que l'opération Libertad a pu être menée. Le Canada, confirme Mme Rhéaume-Laget, a aussi offert son soutien en matière de formation et d’échange de bonnes pratiques.

Les gens libérés travaillaient dans des boîtes de nuit, des usines, des marchés, des fermes et des mines. Certains travaillaient dans des espaces « aussi petits qu'un cercueil », a indiqué Cem Kolcu, de l'unité d'Interpol sur la traite de personnes.

Les agents ont passé les menottes aux poignets de 22 individus et ont saisi de l'argent, des téléphones cellulaires et des ordinateurs.

« Je pense que des opérations comme celle-ci montrent la puissance d'Interpol en tant que plateforme pour les pays participants ainsi que, bien sûr, l’importance des pays comme le Canada afin de créer l'espace et l'élan nécessaires à la réussite de ces opérations », a déclaré le numéro 2 d’Interpol, Tim Morris, dans une vidéo publiée par l'organisation internationale de police.

Parmi les policiers ayant pris part à l'opération, on compte des ressortissants des îles néerlandaises d'Aruba et de Curaçao, en plus des îles britanniques Turcs-et-Caicos, ainsi que du Brésil et du Venezuela.

Les opérations étaient supervisées depuis la Barbade, avec l'aide de centres d'Interpol sis à Lyon, en France, ainsi qu'à Buenos Aires, capitale de l'Argentine.

Selon Tim Morris, directeur des services policiers d'Interpol, les conditions en Guyane étaient « particulièrement horribles ».

Là-bas, les enquêteurs ont sauvé des jeunes femmes forcées de travailler comme prostituées près de mines d'or – des endroits d'où elles ne peuvent s'enfuir, et qui sont difficiles à débusquer pour les policiers.

Selon Diana O'Brien, directrice adjointe des poursuites publiques de la Guyane, l'isolement de ces endroits fait en sorte que lorsque les policiers sont mis au courant de leur existence, les trafiquants ont déjà déplacé leurs victimes ailleurs.

Pendant ce temps, les patrons d'une usine à Saint-Vincent-et-les-Grenadines ont confisqué les passeports de victimes asiatiques et les ont forcées à se retrouver en situation de totale dépendance, leur enlevant également leur argent et les privant de moyens de transport.

« En fait, vous réduisez la personne en esclavage », a indiqué M. Morris.

Crime répandu

Les trafiquants ciblent les gens vulnérables qui cherchent à changer de pays pour améliorer leur sort, ou même à changer de région, au sein d'un pays, pour se rendre dans un endroit plus riche.

Cela complique parfois la tâche de la poursuite, a reconnu M. Morris. « Certains ne reconnaissent pas qu'ils sont exploités, pour qu'ils puissent continuer de gagner de l'argent ou demeurer dans leur nouveau pays. »

D'autres subissent des pressions pour mentir aux enquêteurs, ce qui complexifie également les démarches.

Cela fait partie d'une série de programmes d'Interpol visant à combattre le trafic de personnes, des programmes qui sont soutenus par les ministres de la Sécurité publique du G7.

Le cas de l'Afrique est particulièrement préoccupant, bien que des problèmes existent également en Amérique centrale et du Sud, dans les Caraïbes et en Asie.

« C'est un crime largement répandu », a poursuivi M. Morris, avant de préciser que le groupe de travail d'Interpol oeuvrerait « indéfiniment » pour tenter d'éradiquer ce problème.

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