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Le Canada participe aux discussions de Vienne sur la Syrie

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a participé pour une première fois mardi aux discussions du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) qui se sont tenues à Vienne, en Autriche. 

En entrevue à Midi Info, le chef de la diplomatie canadienne s'est félicité que ses homologues américain et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, l'aient invité à prendre part aux discussions visant à trouver une issue pacifique à la guerre civile qui ravage la Syrie depuis maintenant cinq ans.

« Il était anormal que le Canada ne soit pas là et cette anormalité a été corrigée », a-t-il commenté. « Dès maintenant, nous y sommes à plein. »

Avec l'arrivée du Canada, le GISS, mis sur pied à l'automne 2015, réunit maintenant 18 pays en plus de quelques organisations internationales. Il vise à faire avancer les efforts de paix en Syrie et à trouver ultimement une solution diplomatique au conflit.

M. Dion dit avoir plaidé pour que les pays impliqués dans cet effort multilatéral se « réengagent », afin qu'un véritable cessez-le-feu, condition préalable aux négociations, soit mis en oeuvre le plus rapidement possible. Celui théoriquement en vigueur depuis quelques mois « n'est pas suffisamment respecté », a-t-il dit.

Le ministre admet ne pas être « trop optimiste » étant donné l'évolution de la situation sur le terrain. « Mais il ne faut pas lancer la serviette non plus, parce que, quelle est l'autre solution, à part des tueries à ne plus finir? », a-t-il lancé. Il a réitéré qu'à son avis, il n'y a « pas de solution purement militaire » à ce conflit.

Stéphane Dion a également reconnu que la communauté internationale doit travailler avec les Russes, « incontournables » dans ce dossier, malgré le jeu parfois trouble qu'ils semblent entretenir. « Le jeu qu'ils font avec [le président syrien] Assad est loin d'être toujours utile, c'est le moins qu'on puisse dire », a-t-il commenté.

Le ministre reconnaît par ailleurs que le régime syrien a le droit de continuer à frapper le Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, et le groupe armé État islamique, deux organisations désignées comme terroristes par l'ONU.

Il a cependant souligné que la Syrie ne doit pas prendre prétexte de frappes contre al-Nosra pour « cibler des groupes légitimes, des civils, comme ça se passe en ce moment ». Selon lui, il s'agit du « principal problème », à l'heure actuelle.

Objectifs immédiats, mais modestes

Au terme de la rencontre de Vienne, les ministres des Affaires étrangères disent avoir convenu d'essayer de transformer la trêve fragile actuellement en vigueur en Syrie en cessez-le-feu complet.

Les membres du GISS ont autorisé des parachutages d'aide alimentaire dans les zones assiégées pour améliorer la situation humanitaire, si l'ONU n'obtient pas d'accès pour des convois, peut-on lire dans un communiqué, mardi.

M. Dion assure avoir « parlé fortement » en mesure d'une telle mesure, qui doit être mise en oeuvre le 1er juin par le Programme alimentaire mondial, si nécessaire. 

De plus, les États-Unis et la Russie ont promis d'aider à déterminer les responsabilités en cas de violation de la trêve, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

Tout groupe armé jugé coupable de violations répétées de la trêve sera exclu de l'accord de cessation des hostilités et ne bénéficiera plus de la protection qu'il confère, a indiqué le GISS. 

Les diplomates ont demandé à tous les belligérants de se dissocier du groupe armé État islamique et du Front al-Nosra, la branche d'Al-Qaïda en Syrie.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Les divisions au sein de l'opposition syrienne compliquent les négociations de paix. L'absence de cohésion parmi les groupes d'opposition et les difficultés du régime du président Bachar Al-Assad ont permis au groupe armé État islamique de s'implanter en Syrie, compliquant d'autant la tâche des diplomates.

L'enchevêtrement des liens entre les divers groupes de rebelles - appuyés par des pays occidentaux et arabes - à des groupes extrémistes associés à Al-Qaïda, dont le Front al-Nosra, complique la recherche d'une solution diplomatique.

Le réseau Al-Qaïda étant considéré comme une organisation terroriste par l'ONU, il n'est pas soumis à la trêve en vigueur en Syrie.

De précédentes discussions tenues à Genève sous l'égide du médiateur de l'ONU Staffan de Mistura se sont heurtées aux intransigeances du régime Assad et des oppositions de même qu'aux violations du cessez-le-feu sur le terrain.

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