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Le Canada réclame une enquête indépendante sur la situation à Gaza

Le Canada a réclamé mercredi une enquête immédiate et indépendante sur la situation à Gaza. Le premier ministre Justin Trudeau a ajouté qu'Ottawa est prêt à contribuer à cette enquête sur « la violence, l'incitation à la violence et l'emploi de force excessive ».

Le premier ministre a ajouté que l'« emploi présumé d'une force excessive et de munitions réelles » était « inexcusable » et qu'il était « impératif d'éclaircir les faits concernant la situation à Gaza ».

Il a dit avoir appris « avec consternation » qu'un médecin canadien, Tarek Loubani, figurait parmi les blessés, et qu'Ottawa tâchait de déterminer « comment un citoyen canadien a pu être blessé ».

En point de presse à Calgary, mardi, Justin Trudeau n'avait pas voulu dire si l'État hébreu avait fait usage d'une force appropriée pendant la journée de lundi. Le Canada avait initialement blâmé ce jour-là le Hamas pour son implication dans les violences, par la voix d'un attaché de presse.

La requête intervient deux jours après la flambée de violence entourant l’inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem. Ces violences ont fait 60 morts et 2500 blessés parmi les Palestiniens.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, avait réclamé une enquête indépendante dans les heures qui ont suivi ces violences.

Andrew Scheer blâme Justin Trudeau et le Hamas

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer,reproche au premier ministre de ne pas blâmer le Hamas, à qui « cette situation est due en grande partie », a-t-il soutenu.

« En condamnant les forces israéliennes, Justin Trudeau ignore le rôle que l'organisation terroriste qu'est le Hamas joue dans l'incitation à ces affrontements », a-t-il déclaré mercredi par voie de communiqué.

L'absence d'une référence au Hamas a aussi ulcéré le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA).

« Nous sommes profondément déçus que le gouvernement ignore la responsabilité directe du Hamas dans les violences récentes à la frontière entre Israël et Gaza », a réagi le PDG de l'organisation, Shimon Koffler Fogel.

La CPI hautement préoccupée

Le bureau de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a pour sa part exprimé sa « grave préoccupation » face à l'escalade de la violence et n'a pas exclu d'enquêter sur d'éventuels crimes.

« Cela s'applique aux événements du 14 mai 2018 et à tout incident futur », a souligné le communiqué du bureau de la procureure.

Les victimes palestiniennes étaient du Hamas

Sur le terrain, un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors de manifestations et de heurts avec l'armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au mouvement islamiste, qui dirige l'enclave.

Salah Al-Bardaouil n'a cependant pas fourni de détails sur l'appartenance ou non de ces Palestiniens à la branche armée du Hamas ni sur les circonstances dans lesquelles ils ont été tués.

Mais l'armée et le gouvernement israéliens se sont saisis de ces propos pour contester le caractère pacifique des manifestations et maintenir que celles-ci étaient orchestrées par le Hamas.

Moscou dénonce une « déclaration blasphématoire »

De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré « ne pas être d'accord avec le fait que des dizaines de civils pacifiques, notamment des enfants, y compris des nourrissons, qui ont été tués lors de ces événements, soient des terroristes », en référence aux propos de l'ambassadrice d'Israël auprès de la Belgique, Simona Frankel.

« C'est une déclaration blasphématoire, destinée à éviter une discussion sérieuse sur les problèmes déchirant la région du Moyen-Orient », a-t-il dénoncé.

Mardi, Simona Frankel avait déclaré que les victimes à Gaza étaient « des terroristes », assurant que la réaction de l'armée israélienne n'avait pas été disproportionnée.

M. Lavrov a également appelé à un « dialogue direct entre les dirigeants d'Israël et de la Palestine » sur le statut de Jérusalem. « Nous sommes prêts à apporter toute l'aide nécessaire pour [créer] un tel dialogue », a-t-il ajouté.

Le déménagement américain déstabilise la région, souligne l'Égypte

L'Égypte, alliée traditionnelle des États-Unis dans la région, a pour sa part réaffirmé, par la voix de son président Abdel Fattah Al-Sissi, que le déménagement de l'ambassade américaine à Jérusalem aura des répercussions négatives sur la population arabe et islamique. Le président Sissi a aussi appelé à une résolution pacifique des crises en Irak, en Syrie et au Yémen.

« La région ne peut supporter d’autres guerres », a-t-il dit.

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