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Le Canada verse 42 millions $ pour contrer la menace de l'arme nucléaire

Alors que Barack Obama et les représentants de 55 pays mettaient le point d'orgue au sommet sur la sûreté nucléaire à Washington, vendredi, Justin Trudeau a annoncé que le Canada injectera 42 millions de dollars pour sécuriser le matériel nucléaire et le mettre à l'abri des terroristes.

La contribution canadienne est destinée à favoriser l'entreposage sécuritaire du matériel nucléaire. Par exemple, le Canada fournira de la formation et de l'équipement au Mexique, au Pérou, en Jordanie et en Colombie. Il aidera l'Ukraine, la Thaïlande et l'Égypte à protéger ses sites nucléaires. Enfin, Ottawa va soutenir le travail effectué par des organisations telles qu'Interpol et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le premier ministre canadien a saisi l'occasion de ce sommet pour avoir des rencontres bilatérales avec ses homologues japonais, indien et britannique, soit Shinzo Abe, Narendra Modi et David Cameron.

Le Canada, un État non doté de l'arme nucléaire

Depuis 2002, le Canada a consacré environ 1,2 milliard de dollars à la formation et à l'entretien de matériel nucléaire, notamment dans des pays qui ont acheté la technologie canadienne telle que CANDU.

Le premier ministre du Canada - auparavant Stephen Harper et maintenant Justin Trudeau - a participé à chacun des sommets sur la sûreté nucléaire depuis 2010.

Le Canada, un État non doté de l'arme nucléaire, a traditionnellement fait preuve de fermeté en ce qui concerne la non-prolifération et le désarmement nucléaire. La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) célèbre d'ailleurs cette année son 70e anniversaire.

La dénucléarisation, une priorité chère à Barack Obama

Ce sommet était le sixième à avoir été instauré sous la présidence de Barack Obama. Et ce dernier s'est fait fort d'annoncer, vendredi, que les pays participant aux six sommets avaient formulé au total 260 engagements, les trois quarts d'entre eux s'étant déjà concrétisés.

Mais, du même souffle, le président américain prévient qu'il reste encore du travail à faire. 

Ouvrant la session plénière du sommet en matinée, vendredi, Barack Obama a déclaré que bien que le monde ait « sensiblement réduit le risque » que pose l'arme nucléaire, cette menace existe toujours.

Certes, aucun groupe terroriste n'a réussi à s'emparer de l'arme nucléaire « ou une bombe sale faite de matériaux radioactifs », a dit Barack Obama. « Mais il n'y a pas de doutes que si ces hommes fous mettaient la main sur une bombe nucléaire ou du matériel nucléaire, ils s'en serviraient certainement pour tuer le plus possible de gens innocents », a-t-il ajouté.

Une menace réelle et persistante

Dans le monde, depuis 1993, on a enregistré 2700 tentatives de vol ou encore de contrebande de matériel nucléaire.

Relativement au péril que posent des groupes terroristes tels qu'Al-Qaïda et le groupe armé État islamique (EI), le président Obama a affirmé qu'en travaillant de concert, « nos nations ont fait en sorte qu'il est plus difficile pour les terroristes à mettre la main sur du matériel nucléaire ».

Toutefois, M. Obama a rappelé qu'« Al-Qaïda avait longtemps cherché [à s'emparer] de matériel nucléaire » et que « des individus impliqués dans les attentats de Paris et de Bruxelles avaient filmé, par vidéo, un responsable officiel d'une infrastructure nucléaire ».

Après les attentats de Bruxelles du 22 mars, revendiqués par l'EI, la presse belge et internationale a fait savoir, la semaine passée, que la cellule islamiste bruxelloise à l'origine de ces attaques planifiait de fabriquer une « bombe sale » radioactive.

L'inquiétant comportement de la Corée du Nord

Une autre préoccupation sur le front nucléaire réside dans la provocation exercée par la Corée du Nord. À cet effet, le président américain a déployé quantité d'efforts durant le sommet pour que s'exercent des pressions sur le gouvernement de Pyongyang.

Ainsi, Barack Obama et le président chinois Xi Jinping ont promis, jeudi, de coopérer pour contrer la menace nucléaire de la Corée du Nord. Le président américain s'est aussi joint aux dirigeants du Japon et de la Corée du Sud pour mener des actions concertées visant à freiner Pyongyang.

Sécuriser le matériel nucléaire

Pour Barack Obama, il importe de sécuriser complètement le matériel nucléaire. À ce chapitre, il a salué le fait que 102 pays avaient ratifié le traité sur la protection du matériel nucléaire. Le président américain a dit espérer que ce traité entrera en vigueur sous peu.

Le président américain affirme que des « progrès significatifs » ont été accomplis pour instaurer une coalition et une coordination durable, stratégie essentielle dans la quête d'une plus grande sécurité en matière de nucléaire, et ce, « au-delà des frontières et des institutions ».

Toutefois, il y avait des absents de taille à ce sommet de deux jours à Washington, à commencer par la Russie, dont l'arsenal nucléaire rivalise avec celui des États-Unis. Le président Vladimir Poutine a décliné l'invitation des Américains, Moscou considérant que Washington tente de contrôler le processus au détriment des agences internationales.

Un autre joueur clé ne s'est pas présenté : le Pakistan, autre pays détenteur de l'arme nucléaire. Le premier ministre Nawaz Sharif a annulé son voyage à la suite d'un attentat à la bombe ayant fait plus de 70 morts à Lahore.

Avec les informations de Christian Latreille

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