Les rebelles soutiennent avoir repoussé un assaut des forces gouvernementales au sud d'Alep tandis que l'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe et des milices chiites soutenues par l'Iran, poursuit son offensive visant à prendre le contrôle de la grande ville du nord de la Syrie.

Les bombardements aériens ont particulièrement visé ces dernières semaines les infrastructures civiles qui se trouvent dans la partie rebelle de la ville, comme les hôpitaux et le système de distribution d'eau.

D'après un commandant du groupe rebelle Nour al-Dine Al-Zinki, les forces progouvernementales attaquent sur plusieurs fronts pour étirer les lignes de défense des insurgés tout en larguant des bombes mais aussi des dépliants appelant les rebelles à se rendre.

Au nord de la ville, l'armée syrienne a pris le contrôle des ruines de l'hôpital Kindi, près du camp d'Hadarat, dont elle s'était emparée quelques jours plus tôt.

« Ils ont aplati le terrain [sous les bombes] et nos hommes n'ont pas eu d'autre choix que se replier », a dit le commandant rebelle.

Selon lui, les combattants kurdes de la milice YPG qui contrôlent le quartier de Cheikh Maksoud, dans le nord-ouest d'Alep, et qui sont alliés au régime de Damas, ont mis à profit l'offensive gouvernementale pour progresser en direction de la zone industrielle voisine et des positions des rebelles.

Les insurgés disent s'attendre à ce que la progression des forces pro-gouvernementales ralentisse dès qu'elles atteindront les zones densément construites.

« La bataille dans les quartiers urbains va être difficile, car ces secteurs sont mieux défendus avec de nombreux endroits pour se cacher », dit le combattant du groupe Faïlak al-Cham.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Des bombes incendiaires sur Alep

Plusieurs quartiers ont été bombardés mardi par des avions volant à haute altitude, ce qui est la caractéristique des appareils russes, ont dit d'autres rebelles en évoquant un nombre indéterminé de victimes.

Des bombes incendiaires, dont l'usage est interdit par les conventions internationales, ont par ailleurs été larguées sur les villes de Darat Izza et d'Al-Zirba, dans la campagne d'Alep.

Éviter un autre Varsovie

La situation tragique à Alep a poussé le haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al-Hussein, à appeler mardi à limiter « sans délai » le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité afin de pouvoir « renvoyer la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale ».

« Je suis fermement convaincu [...] que le Conseil de sécurité des Nations unies devrait, sans délai, adopter des critères pour empêcher ses membres d'utiliser leur veto lorsqu'il existe des préoccupations graves quant à de possibles crimes de guerre, crimes contre l'humanité ou génocide », a déclaré M. Zeid, dans un communiqué.

Cette hypothèse reste peu vraisemblable, car le Conseil reste divisé, la Russie continuant de protéger son allié syrien, souligne l'AFP.

Ancienne capitale économique de Syrie, Alep est devenu le principal front du conflit syrien, qui a fait plus de 300 000 morts depuis 2011 et jeté sur les routes des millions de personnes.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a déploré pour sa part que la Russie a pris une « décision irresponsable et sérieusement inconsidérée » en soutenant Bachar Al-Assad dans le conflit syrien, un choix qui démontre que Moscou ne cherche pas sérieusement à trouver une issue pacifique au conflit.

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