Retour

Le cessez-le-feu définitif entre en vigueur en Colombie

Les hostilités entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement ont pris fin à minuit, dans la foulée de l'accord de paix historique avec l'État colombien, après 52 ans de conflit armé.

Le chef des FARC a ordonné à tous ses combattants « de cesser le feu et les hostilités de manière définitive contre l'État colombien », lors d'une conférence de presse dimanche après-midi à La Havane. « L'accord final nous permettra de reprendre enfin l'exercice légal de la politique, de manière pacifique et démocratique », s'est-il félicité.

Le président et chef des armées de la Colombie, Juan Manuel Santos, avait déjà ordonné jeudi à ses troupes de cesser le feu contre les FARC dès lundi.

La guérilla des FARC et le gouvernement colombien ont signé mercredi dernier un accord de paix définitif qui devrait permettre à la Colombie d'accélérer sa croissance économique, après une guerre meurtrière de plus d'un demi-siècle.

Derrière cet accord de paix historique se dressent deux protagonistes aux antipodes du spectre politique. Un chef d'État conservateur issu d'une riche famille, le président colombien Juan Manuel Santos, et un leader guérillero marxiste d'origine paysanne, Rodrigo Londono - mieux connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko - qui ont mis leur avenir politique en jeu pour parvenir à leurs fins.

Les deux anciens ennemis passeront ainsi à l'histoire pour avoir mis un terme à un conflit qui a ravagé la Colombie pendant plus de 50 ans.

« Ce 29 août, une nouvelle histoire commence pour la Colombie », a déclaré le président Santos sur Tweeter. « Faisons taire les fusils. La guerre avec les FARC est terminée! », continue le tweet du président..

Servant à titre de ministre de la Défense sous son prédécesseur Alvaro Uribe, M. Santos aura livré un combat sans merci aux FARC.  

« Toute ma vie, j'ai été un adversaire implacable des FARC », avait lancé le président, âgé de 65 ans, lors de la signature du cessez-le-feu bilatéral de juin dernier. Mais « maintenant [...] je défendrai, avec la même détermination, leur droit à s'exprimer et à poursuivre leur lutte politique par les voies légales, même si nous ne sommes jamais d'accord ».

Élu en 2010 et réélu en 2014, le président de centre droit a fait la guerre aux FARC pour les affaiblir et les forcer à négocier, selon un de ses plus proches conseillers, Mauricio Rodriguez.

De son côté, Timoleon Jiménez  a fait preuve d'une détermination semblable au président Santos. Leader de la guérilla depuis 2011, il est le troisième commandant de l'histoire du mouvement né d'une insurrection paysanne née en 1964.

Timochenko a réussi à convaincre les 7500 hommes sous son commandement à déposer les armes parce qu'il est « l'un des hommes les plus aimés au sein des FARC » en raison de sa proximité avec leur défunt chef historique Marulanda alias « Tirofijo », selon l'expert de la Fondation Paix et Réconciliation, Ariel Avila.

Soulagement au Canada

La nouvelle réjouit les Colombiens du Canada. « Je suis née après le début du conflit. Cinquante-deux ans de guerre et je suis née au milieu de cela, donc je n'ai aucun souvenir de notre pays en paix », témoigne Paola Gomez, militante communautaire d'origine colombienne réfugiée au Canada, interviewée sur les ondes de CBC.

« L'idée d'avoir la possibilité d'un avenir où les gens peuvent régler leurs différends de manière non violente me remplit d'espoir et d'impatience », souligne Mme Gomez.

Dimanche, le président colombien Juan Manuel Santos a appelé ses concitoyens à voter pour la paix, dans le référendum qui se tiendra le 2 octobre prochain, sur les accords conclus le 24 août à La Havane avec la guérilla des FARC. Le rejet de cette entente engendrerait l'annulation du processus.

Le cessez-le-feu bilatéral définitif n'entrera légalement en vigueur que le jour de la signature des accords, qui doit avoir lieu du 20 au 26 septembre. Le désarmement des guérilleros répartis dans tout le pays pourra ensuite commencer et devrait s'étaler sur six mois, supervisé par les Nations unies.

Avant même la signature officielle de ces accords de paix, négociés pendant près de quatre ans à Cuba, les FARC se réuniront en congrès, du 13 au 19 septembre pour les ratifier et entériner la transformation de leur groupe en mouvement politique légal.

Exceptionnellement, cette 15e conférence des FARC sera ouverte à la presse et à une cinquantaine d'invités nationaux et internationaux.

D'autres groupes armés dans le pays

Depuis juillet 2015, les FARC avaient déjà cessé de manière unilatérale les hostilités, et le gouvernement avait suspendu ses bombardements aériens contre les rebelles. Cependant, c'est la première fois que le gouvernement et la guérilla concluent un tel accord.

Même si les FARC représentent le principal groupe de guérilleros du pays, la Colombie doit encore composer avec les rebelles de l'autre groupe de guérilla marxiste, l'Armée de libération nationale (ELN), et les bandes criminelles continuent de défier le gouvernement.

La paix avec les FARC - issues en 1964 d'une insurrection paysanne et qui comptent encore quelque 7500 hommes armés - ne signifie donc pas nécessairement la fin des violences dans le pays.

La guerre civile en Colombie a fait plus de 220 000 morts, 40 000 disparus et près de 7 millions de personnes déplacées fuyant les violences.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine