Retour

Le cessez-le-feu « généralement » respecté, malgré des violations

La trêve en Syrie tient globalement le coup au lendemain de son entrée en vigueur, bien que le régime et les rebelles s'accusent mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu.

« De manière générale, le cessez-le-feu en Syrie est en train d'être mis en place », a déclaré dans un communiqué le général Sergueï Kouralenko, responsable du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes en Syrie.

Le Centre affirme toutefois avoir dénombré au moins neuf violations du cessez-le-feu depuis les 24 dernières heures.

Une centaine de militants sont notamment entrés en Syrie à partir de la Turquie, un pays qui fait partie de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, pour attaquer la ville de Tall Abyad, dans le nord de la Syrie.

Leur attaque a été soutenue par des tirs en provenance du territoire turc, a précisé le Centre, qui demande des « explications » aux États-Unis.

Les Russes montrés du doigt

Le porte-parole du Haut comité des négociations (HCN) dénombre de son côté 15 violations du cessez-le-feu, même si, « globalement, c'est bien mieux qu'avant et les gens se sentent bien », a déclaré Salem Al-Meslet depuis Riyad, où est basé le HCN.

L'Arabie saoudite, qui soutient l'opposition syrienne, accuse à la fois « l'aviation russe et l'aviation du régime syrien » d'avoir violé la trêve.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), six villes syriennes situées dans l'ouest de la province d'Alep ont subi des attaques aériennes.

L'OSDH ignore à qui appartenaient les avions, mais selon les insurgés syriens, il s'agit de bombardements menés par des avions russes. Les médias officiels syriens, eux, n'ont pas évoqué cette frappe.

« Nous ne savons pas quels avions ont mené les attaques, de même que nous ne sommes pas certains qu'il puisse s'agir d'une violation de la trêve parce qu'il n'est pas certain que ces villes sont concernées par la trêve », a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahmane.

Le cessez-le-feu concerne les forces gouvernementales de Bachar Al-Assad, soutenues par la Russie, et les rebelles syriens. Les territoires contrôlés par le groupe armé État islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, sont toutefois exclus, ce qui représente plus de 50 % du territoire syrien. 

« Donner une chance » à la trêve

En dépit des obstacles qui restent « nombreux », un haut responsable américain croit qu'il faut « donner une chance » à la trêve en Syrie, décrétée par Washington et Moscou et appuyée par les Nations unies.

« Les complications sont inévitables. Même dans les circonstances les meilleures, nous ne nous attendons pas à ce que la violence cesse immédiatement », a-t-il déclaré, ajoutant que si les combats continuent, ce sera « à cause d'organisations comme l'EI et le Front Al-Nosra ».

Depuis cinq ans, il s'agit de la tentative la plus ambitieuse en vue d'un processus de paix durable. Jusqu'à maintenant, le conflit a fait plus de 250 000 morts et déplacé plus de la moitié des personnes.

Plus d'articles