Retour

Le chef des armées vénézuéliennes reconnait pour la première fois des abus

Pour la première fois en plus de deux mois de protestation de l'opposition au Venezuela, le chef des armées a lancé un appel inédit à ses troupes à cesser les « atrocités ». Les manifestations pour exiger le départ de Nicolas Maduro se sont soldées, mercredi, par un autre mort, le 66e depuis le début de la crise.

Vladimir Padrino Lopez, le ministre de la Défense, a reconnu pour la première fois des abus commis par les militaires.

Il réagissait ainsi à la polémique générée par la diffusion lundi de vidéos sur les réseaux sociaux montrant policiers et militaires en train d'agresser et de voler les effets personnels de plusieurs manifestants appréhendés lors des défilés.

« Celui qui ne respecte pas la ligne de l'État, l'importance suprême des droits de l'homme, [...] et qui ne se comporte pas en professionnel devra en assumer les responsabilités », a affirmé M. Padrino Lopez. Le ministre avait apporté il y a quelques semaines le soutien « inconditionnel » à M. Maduro de l'armée, acteur incontournable dans le pays.

« Nous appelons M. Padrino Lopez à respecter sa parole et qu'il laisse la manifestation se dérouler en paix », a rétorqué mercredi Julio Borges, président du Parlement, unique institution contrôlée par l'opposition.

« Les paroles ne suffisent pas, M. Padrino Lopez », a renchéri la députée Delsa Solorzano, exhortant le ministre à « mettre en prison les gardes nationaux commettant des abus ».

Le ministre de l'Intérieur, le général Nestor Reverol, a annoncé de son côté que les policiers impliqués dans les vols et abus avaient été identifiés et qu'ils seraient mis à la disposition de la justice.

La procureure générale Luisa Ortega a aussi dénoncé des abus de l'armée, ce qui lui a valu d'être qualifiée de « traître » par le gouvernement.

Un 66e mort

Un adolescent âgé de 17 ans, a été tué à Chacao, un quartier de l'est de la capitale, durant une manifestation où plusieurs milliers de personnes étaient réunies.

Cela porte à 66 le nombre de morts en plus de deux mois de protestations de l'opposition, dans ce pays enlisé dans une grave crise politique et économique.

Les manifestations quotidiennes depuis le 1er avril pour exiger des élections anticipées ont aussi fait un millier de blessés, et des centaines de personnes ont été arrêtées.

Sur une vidéo circulant dans les réseaux sociaux, on pouvait voir l'adolescent ensanglanté par une importante blessure à la poitrine, écroulé sur l'avenue Libertador.

Les dirigeants de l'opposition ont attribué aux forces de sécurité la responsabilité de ce nouveau décès pour lequel une enquête a été ouverte.

Les opposants au chef de l'État ont tenté de rejoindre le siège des autorités électorales (CNE), dans le centre de Caracas, mais, comme à chacune de leurs tentatives d'entrer dans le coeur de la capitale, ils ont été repoussés par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.

Les adversaires de M. Maduro le rendent responsable de l'effondrement économique du pays et l'accusent de vouloir confisquer le pouvoir, notamment avec son projet controversé de réforme de la Constitution. Ils dénoncent aussi une répression « sauvage » de la police et de l'armée lors des manifestations.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine