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Le Conseil de sécurité divisé sur la question de l'Iran

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni vendredi à la demande des États-Unis pour discuter de la situation en Iran, où de nombreuses manifestations d'opposition ont eu lieu au cours des derniers jours. La rencontre s'est terminée dans la division.

La Russie et d'autres pays, dont l'Iran, ont déclaré que le Conseil n'avait pas à traiter de cette question, qui relève, à leurs yeux, de la politique interne. L'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, a mentionné que les États-Unis abusaient de la plateforme offerte par le Conseil de sécurité. L’Iran a pour sa part qualifié l’appel des États-Unis d’« abus de pouvoir à titre de membre permanent ».

D'autres pays, dont la Chine et la Guinée équatoriale, se sont aussi demandé si le Conseil de sécurité était le meilleur forum pour discuter de cet enjeu.

L'ambassadeur de France, François Delattre, a déclaré que les manifestations antigouvernementales en Iran ne constituent pas une menace pour la paix et la sécurité internationales.

« Nous devons nous garder de toute tentative d'exploitation de cette crise à des fins personnelles qui pourraient avoir des conséquences diamétralement opposées à celles souhaitées », a-t-il poursuivi.

Pour sa part, l'ambassadeur britannique, Matthew Rycroft, a jugé que les États-Unis ont bien fait de saisir le Conseil de sécurité de cet enjeu.

Pour l'ambassadrice américaine, Nikki Haley, la réunion a montré à Téhéran que « le monde regarde » ses actions.

L’Iran a fait face à d'importantes manifestations, du 27 décembre au 2 janvier, qui ont fait 21 morts, en majorité des manifestants, et entraîné des centaines d'arrestations.

C’était le premier mouvement d’une telle ampleur depuis celui de 2009 contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad.

Les manifestants en avaient contre la hausse des prix, le chômage et le gouvernement.

Mercredi et jeudi, des dizaines de milliers d'Iraniens ont défilé pour appuyer le pouvoir en place, mais on n'a rapporté aucun rassemblement significatif d'opposants au régime.

L'Iran s'est plaint aux Nations unies de l'ingérence des États-Unis dans ses affaires. Le procureur général du pays, Mohammad Jafar Montazeri, accuse les États-Unis, Israël et l'Arabie saoudite d'être derrière les violences.

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