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Le « dauphin » de Correa en voie de ravir la présidence de l'Équateur

Le candidat de la gauche équatorienne, Lenin Moreno, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle dimanche, et il s'approcherait, selon des résultats partiels, du seuil requis pour éviter un second tour contre le candidat conservateur Guillermo Lasso.

L'ancien vice-président âgé de 63 ans, Lenin Moreno, obtient 38,86 % des voix devant l'ex-banquier Guillermo Lasso, crédité de 28,50 % des suffrages, selon le décompte officiel de 80,5 % des bulletins.

Lenin Moreno devait rassembler 40 % des suffrages exprimés et une avance de 10 points sur son plus proche rival pour éviter un second tour le 2 avril, où Guillermo Lasso pourrait rassembler contre lui les différentes factions de l'opposition. Cinq autres candidats sont en lice, dimanche.

Le dernier sondage Cedatos ce mois-ci attribuait à Lenin Moreno 32,3 % des intentions de vote, contre 21,5 % pour Guillermo Lasso.

Révolution citoyenne

Lenin Moreno défend l'héritage de la gauche au pouvoir depuis une décennie, marquée notamment par une amélioration du niveau de vie des Équatoriens et une modernisation des services publics.

Il promet d'augmenter les dépenses sociales tout en modérant la « révolution citoyenne » promise par Rafael Correa lors de sa première élection en 2006 mais qui a été ternie par des scandales de corruption et mise en difficulté par la chute des prix du baril de pétrole.

La lutte contre la corruption est au coeur de son programme, après un scandale au sein de la compagnie pétrolière nationale, et plus largement l'affaire du conglomérat brésilien Odebrecht qui n'a pas épargné Quito.

Paraplégique depuis 1998 après avoir été touché par balle lors d'une attaque à main armée, Lenin Moreno a en outre fait campagne sur un meilleur accès à l'emploi et des avantages sociaux pour les Équatoriens frappés de handicap.

La droite prend de la vigueur

Une victoire de Guillermo Lasso en Équateur renforcerait plutôt le retour de la droite en Amérique latine, après le basculement de l'Argentine, du Brésil et du Pérou ces 18 derniers mois.

À Guayaquil, Guillermo Lasso a promis, s'il est élu, d'expulser de l'ambassade d'Équateur à Londres le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, qui y a trouvé refuge en juin 2012 pour fuir la justice suédoise.

Il est partisan d'une position de fermeté à l'égard du gouvernement socialiste de Nicolas Maduro au Venezuela, en pleine crise économique, un régime jusqu'à présent étroitement lié à l'Alianza País de Rafael Correa.

Sur le plan intérieur, il promet de baisser les impôts et de rétablir la croissance à un niveau de 5 % d'ici 2021, après une année 2016 de récession susceptible de se prolonger en 2017.

Le prochain président prendra ses fonctions le 24 mai, pour un mandat de quatre ans. Rafael Correa, qui est âgé de 53 ans, prévoit pour sa part de déménager en Belgique avec son épouse belge.

Les quelque 12,8 millions d'électeurs sont également appelés à renouveler les 137 sièges de l'Assemblée nationale et à se prononcer sur une proposition interdisant aux fonctionnaires la détention de comptes ou d'avoirs dans des paradis fiscaux.

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