Retour

Le décret anti-immigration de Trump rencontre de la résistance

Après l'État de Washington, c'est au tour de ceux du Massachusetts, de la Virginie et de New York d'annoncer un recours en justice contre le décret de Donald Trump qui suspend l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays musulmans.

La procureure du Massachusetts, Maura Healey, de sensibilité démocrate, a souligné l’inconstitutionnalité du décret en question. Elle a aussi noté que le nouveau président ne fait qu’« honorer sa promesse » après avoir « appelé à l'interdiction totale d'entrée aux États-Unis des musulmans » lors de la campagne électorale.

Ces trois derniers jours, mon bureau a étudié de près les termes du décret et ses nombreuses conséquences […] Le décret est nocif, discriminatoire et inconstitutionnel. Il fait de la discrimination sur la base de la religion et de l'origine nationale.

La procureure du Massachusetts, Maura Healey

Rappelons qu’une juridiction fédérale de Boston, où se trouve l'aéroport international de Boston-Logan, avait bloqué la fin de semaine dernière l'application du décret de Trump pour une durée de sept jours.

La juge Allison Burroughs a interdit la détention ou le renvoi des réfugiés ayant une autorisation, des détenteurs de visas et des résidents permanents aux États-Unis provenant des sept pays concernés.

San Francisco se lance dans la bataille juridique

Par ailleurs, San Francisco est désormais la première ville américaine à déposer un recours contre le décret controversé qui risque de suspendre les versements financiers fédéraux octroyés aux villes ayant des politiques « sanctuaires », destinées à protéger des migrants sans papiers.

San Francisco juge, elle aussi, que le décret anti-immigration est contraire à la Constitution des États-Unis, plus précisément au 10e amendement.

Au mépris flagrant du droit, le président des États-Unis cherche à forcer les autorités locales à abandonner ce qui est connu sous le nom des lois et politiques sur la "ville sanctuaire".

Extrait de la plainte de la ville de San Francisco

Des diplomates dissidents

La grogne gagne aussi des diplomates américains qui, via le « canal dissident », ont dénoncé le décret en question.

Dans un mémorandum, environ 900 fonctionnaires du Département d'État déplorent « une politique qui ferme la porte à plus de 200 millions de voyageurs légitimes dans l'espoir d'empêcher une petite fraction d'utiliser le système des visas pour entrer aux États-Unis et s'en prendre aux Américains ».

La mesure prise par Trump « ne répondra pas à l'objectif d'un pays plus sûr », estiment ces dissidents, qui ne semblent pas avoir convaincu la Maison-Blanche, dont le porte-parole, Sean Spicer, a sèchement répliqué : « Soit ils acceptent le programme, soit ils s'en vont. »

Créé en 1971 durant la guerre du Vietnam, le « canal dissident » permet aux diplomates et fonctionnaires du département d’État d’« exprimer leurs opinions avec franchise et de manière confidentielle auprès de leur hiérarchie ».

Il a été utilisé la dernière fois en 2016 quand une cinquantaine de diplomates avaient réclamé des frappes américaines contre le régime syrien. L’administration Obama n’y avait pas donné suite.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les glucides mettent-ils notre santé en jeu?





Rabais de la semaine